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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 07:45

JJJJ BRUNO ANGELINI SOLO : "Never Alone"
Minium 2006

 

 

Bruno Angelini (p)

Quand Angelini(e) tout va.
Où il est question d'une re-visite de standards qui ont marqué le parcours personnel de différents musiciens.
Lorsque Philippe Ghielmetti lui a tendu une liste de morceaux tirés de "The Newest Sound Around" par Jeanne Lee et Ran Blake, Bruno Angelini a d'abord répondu << non, c'est impossible de faire ça.>> Puis son ami Stephan Oliva lui présente le projet comme une forme de << psychanalyse musicale >>.  L'homme s'enthousiasme. L'idée vertigineuse de s'appuyer sur un univers musical ancré dans une conscience collective pour en faire émerger un nouveau, approprié aux souvenirs précis de notre existence, a de quoi séduire, certes, mais se risque à la confiture de respect itératif et donc à la déconfiture!
Pour réussir un tel pari, il faut de la bouteille et le doigté qui va avec... Bruno se lance. Le piano se fait divan; divin!  A l'arrière de la pochette, une photo de Bruno en lévitation inspirée : en solo, il n'est << jamais seul >> ça s'voit, très habité. Nous sommes tous des héritiers; lui transcende les airs des autres. On connaît mais on reconnaît à peine tant le pianiste réharmonise subtilement. C'est l'univers personnel du musicien qui apparaît là (délicate attention que cette confidence) entraînant des émotions esthétiques variées et profondes. Il vient chez soi, proposer comme des portraits à la beauté poignante. La rencontre est réelle, complètement originale. Il y a de l'éclat dans cette musique là, tour à tour d'une folle délicatesse, troublante, presque éthérée "Where Flamingos Fly", impressionniste et sautillante "Seasons In The Sun" ou délicieusement dissonante quand il
propose un Summertime incontournable à la montée envoûtante et à la fin suspendue (éternelle?) Et souvent l'ange fredonne son inspiration cathartique, c'est torride...Sur "Sometimes I Feel Like A Motherless Child",
Bruno reprend le thème d'un Summertime percussif, douloureux par le grincement du piano aux cordes pincées et frappées. Étonnante version aussi à peine identifiable d'un Blue Monk plongeant dans un autre univers; bouleversant "Left Alone" aux accents de Thomas Newman (l'inoubliable compositeur du film American Beauty)...les adjectifs ne manquent pas pour qualifier cette musique indécemment sensorielle.
Chacun répondra à ces standards avec son histoire. Celle de Bruno est un enchantement, savoureusement moderne, tonique, sensible et passionnant qui met (attention!) en état de haute ébullition.
Donc, disais-je, quand Angelini(e) tout va!

 

 

Anne-Marie Petit

 

 

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