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3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 21:07

JJJJ COLLECTIF SLANG: “Addict”

 

 

Chief Inspector 2006

 

 

Maxime Delpierre (g), Mederic Collignon (t, vc), Larent Geniez (ts), Olivier Lété (b), Olivier Sens (electro), David Aknin (dm), Mike Ladd (vc), Bruce Sherfield (vc)

 

 

 Attention à vous auditeurs car voilà un objet non identifié qui risque de vous secouer. Un truc totalement inclassable de gamins turbulents qui sont autant des enfants du rock ( Sonic Youth en tête) que des émules à coup sûr de John Zorn, le maître du désordre New Yorkais. Ne vous fiez pas aux moelleux effets à la Ry Cooder de la guitare de Maxime Delpierre ou aux effets vocaux de Collignon qui vocalise comme on instrumentise. Car dans leur univers Baroque (bas-rock ?) Collectif Slang jette son délire en une esthétique psychédélique hésitante entre rêve et cauchemar. Sorte de monde sonore impalpable que l’on situerait entre l’hallucination violente d’un univers à la Kubrick et les bizarreries d’un Terry Gillian dans un monde aussi fou qu’inquiétant. Ici tout est fait pour brouiller les pistes. Les références abondent. Le King de Minnéapolis est un clin d’oeil évident à Prince alors que Tasty Cake est un petit délire néo punk. Pas de véritables solistes mais une juxtaposition maligne de sons, d’effets, d’électronique admirablement dosée par la touche de Olivier Sens et enfin de musiques parfois saturées où la violence du propos parfois suggérée explose en quelques moments paroxysmiques. Jamais sous contrôle l’univers ici ouvre des portes nouvelles. Derrière cet embrouillamini d’où émerge une pâte sonore, les solistes se déchaînent et sont tous remarquables  mais situés en arrière plan. Nouvelle conception du rôle du leader dans cette musique qui flirte carrément avec le free rock. Comme toujours l’apport de Méderic Collignon y est géniale qu’il se fasse chanteur déjanté, amuseur décalé ou carrément animal dans des moments d’absolue liberté vocale. Véritable travail collectif où chacun sans exception a apporté ses propres compositions, Addict ne laisse personne indifférent.  La conclusion de l’album, après les moments forts de Guy de Boogie,  résonne comme une reprise du travail de Mike Patton / John Zorn avec une incroyable animalité sauvage (Burn). Expression extrême d’une nouvelle forme de radicalité musicale basée sur l’hypra  violence, elle peut choquer, nous laisser abasourdis et les tympans explosés, mais elle révèlent en tous cas un travail artistique passionnant.

 

 

Jean-Marc Gelin

 

 

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