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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 23:52

JJJJ GIOVANI FALZONNE: « Meeting in Paris »

 

 

Soulnote 2007

 

 

Giovanni Falzone (tp), Robin Verheyen (ts, ss), Bruno Angelini (p), Mauro Gargano (cb), Luc Isenmann (dm)

 

 

 Il se passe vraiment quelque chose de l’autre côté des alpes. Lorsque ces transalpins là franchissent la frontière et viennent en studio dans notre capitale, les rencontres sont alors absolument étonnantes. C’est en tous cas ce que l’on est en droit de penser à l’écoute de cet album du trompettiste italien, Giovanni Falzone jusqu’à présent totalement inconnu chez nous. Jusqu’à ce que, du bout des lèvres Bruno Angelini nous suggère d’écouter cet album. Et Bruno, qui participe à ces sessions avait bien raison d’insister. Car depuis l’album de Dave Douglas ( Meaning and Mysteries) on avait pas eu un tel coup de cœur pour un trompettiste. Sauf que là on marche sur d’autres traces que sur celles de Miles. Le magnifique travail de composition de Giovanni Falzonne évoque en effet plutôt l’univers de Charles Mingus et parfois même celui du quartet historique de Ornette Coleman. Au titre de Coleman, cette spontanéité de l’expression free issue de sessions enregistrée à la volée en studio à Paris en une seule prise. A l’ancienne. Au titre de Mingus, l’énergie et l’humour du propos au premier comme au second degré, le feu d’artifice, le jeu des questions réponses du quintet et surtout le son que Mingus trouvait chez ses souffleurs. On pourrait parler du jeu de Giovanni Falzonne et insister sur la technique incroyable qu’il déploie, jouant sur le growl tel un tromboniste, mettant du feutre dans sa sonorité tel Dave Douglas ou évoquant encore le jeu d’un Roy Eldridge redescendu du ciel ! Mais l’on préfère insister sur ses talents de compositeur et sur l’espace qu’il donne à deux musiciens d’exception, le saxophoniste Robin Verheyen décisif et un Bruno Angelini totalement inattendu au piano mais aussi totalement libéré, comme si paradoxalement cet univers post free avait toujours été le sien.  Les compositions de Giovanni falzonne réussissent alors ce tour de force de s’ancrer dans l’ histoire du jazz sans jamais la pasticher, sans aucun esprit de revival. Réinvention de la forme et du fond pour une musique qui n’oublie jamais l’essentiel, transmettre son énergie. Lorsque Giovanni Falzonne a envoyé son album à Enrico Rava, celui-ci lui écrivit quelques mots pour le féliciter de ce beau travail. Il parlait du risque que prenait Falzonne sur cet album . Nous préférons parler de la liberté du musicien. Celle qui émancipe.

 

 

Jean-Marc Gelin

 

 

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