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6 mars 2007 2 06 /03 /mars /2007 07:00

JJJ ALEXANDRE CLERISSE : « JAZZ CLUB »

Ed. DARGAUD – Collection Long Courrier 2007

 

 

 Alexandre Clerisse est un jeune dessinateur de 27 ans qui avec Jazz Club est sorti diplômé l’an dernier de l’École Supérieure d’Angoulême avec les félicitations du jury. Les Éditions Dargaud lui donne aujourd’hui la chance de voir son travail publié dans la collection Long Courrier.

 

 

Un travail qui raconte l’histoire d’un personnage attachant, saxophoniste de jazz ayant connu la gloire sur la West Coast vers la fin des années 60 et confronté à l’abîme de la création, à l’impasse artististique lorsqu’il n’est plus possible au musicien d’émettre le moindre son, de jouer la moindre note. Exil du musicien en France, exil en lui même, flash back et retour sur ses derniers instants de scène. On est convaincu par le mal être, le désenchantement du musicien en errance, désabusé par lui même. Tournant à vide jusqu’à refuser une jam session avec Miles Davis, Herbie Hancock et Wayne Shorter. Le récit hésite alors entre Los Angeles années 60 et un petit village de France en 1999 sur fond d’atmosphère apocalyptique à l’approche du fameux passage à l’an 2000 lorsque le vent souffle les prémisses d’une tempête menaçante. Dommage qu’il greffe alors à son histoire celle d’une secte d’illuminés de l’apocalypse dont l’irruption ne s’imposait absolument pas.

 

 

On est en revanche séduits par le dessin presque naïf et un poil décalé de Clerisse, refusant tous les clichés des jeux d’ombres et de pluie mouillée du dessin des BD jazz.  Clerisse donne une alors une vision attachante de ses personnages comme ces retrouvailles très émouvantes de ces anciens amants après 30 ans de séparation. Clerisse, enfant d’Aurillac, sa ville natale convainc beaucoup moins lorsqu’il croque Los Angeles des années 60 que lorsqu’il parvient, très simplement et avec grâce à capter la lumière de l’automne, les couleurs ocres, les sapins des forêts d’auvergne.

 

 

Du bon et du moins bon donc dans cet auteur à qui l’on reconnaîtra d’avoir déjà trouvé son style et d’imprimer une marquée réellement originale. Une vraie patte en somme. Un auteur à suivre. 

 

 

Jean-Marc Gelin

 

 

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