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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 23:03

JJJ SOPHIE ALOUR : « Uncaged »

Nocturne 2007  

Après « Insulaire »,  au jazz classique, Sophie Alour nous revient avec « Uncaged » et les mêmes musiciens qu'« Insulaire » pour un opus plutôt différent et certainement plus réussi.

Deux particularités ressortent. Tout d’abord, une sonorité qui surprend : saturée et lourde de saveur (« Uncaged »). Et surtout du côté musical, Alour s’écarte de la voie noble du jazz. Cet opus est à mi-chemin entre le rock et le jazz : certaines pièces sont purement rock avec, et c’est important, l’intensité et l’émotion du rock.

Sur la ballade délibérément rock et poignante « Haunted», Sophie Alour est hautement engagée dans son jeu qui révèle un son profond, qu’elle puise dans son for intérieur.

Le son saturé de la guitare de Sébastien Martel et du Rhodes de Laurent Coq nous jette dans une atmosphère compressée sans évoquer de gravité pour autant. Mais on ressent comme une sensation d’urgence venant de la saxophoniste et des compositions.

« Uncaged » est dense. le sax de Alour est rocailleux comme trafiqué, la batterie est sourde et lourde. 

Quel message, si message il y a, Sophie Alour a t elle essaye de nous transmettre? Fatiguée d'être considérée comme la « jeune et jolie » du jazz français non vocaliste? C'est un peu le sentiment qu'on a de Sophie Alour qui apparaît à ce jour comme une artiste timide un peu en retrait sur scène cherchant à affirmer son jazz. En tout cas, cette coloration saturée et d’urgence est prédominante dans cet album.

Cette sensation de saturation est quasi omniprésente sur tout l'oeuvre et c'est aussi la première que l'on perçoit  à l'écoute. Pourtant cet opus est peuplé de moments de douceurs, parfois écrites (« Sparkling water », « Goodbye »),  mais toujours avec ce petit côté saturé ou étouffé. En tout cas « Sparkling water » est une très jolie compo de Laurent Coq, qui s’offre d'excellentes parties de piano comme sur « Addict ».

« Snow in May » est une composition de Karl Jannuska qui part sur une lente montée colorée par la sonorité à la Ry Cooder de la guitare de Sébastien Martel. Une fois encore Sophie Alour s'exprime dans un registre plus rock et sort du canevas strict de son premier opus « Insulaire ». Confirmé par « Nos cendres », qui finit sur un riff groovy,  écrite par Sophie Alour.

Comme sur « Insulaire », on retrouve le style hendersonien de Sophie Alour. Pourtant, lors de ses concerts parisiens, on la croyait s'envoler vers des contrees shorteriennes?

Mais finalement on s'en moque. L'essentiel est que sa musique existe, évoque et fasse naître quelques états d'âme. Si ce cd s'écoute facilement et avec plaisir, les compositions sont de bonne facture le quartet est soudé, en particulier Laurent Coq, et l'engagement sincère et intense

Jerome Gransac

 

 

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