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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 17:31

aerophone.jpg

Yoann Loustalot, Blaise Chevallier, Emile Saubole,

Fresh Sound New Talent

Enregistré en 2009 

 

Trompettiste de jazz, expérimentateur de haute volée, subtil accompagnateur, Yoann Loustalot a un son, indéniablement. C’est la première chose qui saute à l’oreille dès l’introduction exacerbée de « Five characters » (in search of an exit ), la parenthèse  soulignant utilement ce sentiment d’énervement irrépressible, ces phrases qui s’épanouissent en volutes énervées, stridentes souvent, en bourdonnement exaspéré.

Ainsi sort le nouvel opus intitulé justement « Aérophone » de Yoann Loustalot sur le label Fresh Sound New talent, dédié justement  au souffle , cette manifestation mystérieuse de l’âme.  Pour régler définitivement ( ? ) la question des influences, citons l’ami Méziat (Jazzmagazine) qui suit le musicien depuis longtemps : «  On le rangerait plutôt dans une série qui irait de Bix Beiderbecke à Tom Harrell, et qui aurait flâné longtemps du côté de Saint-Louis (Missouri), d’où sont issus Clark Terry et Miles Davis, entre autres. » C’est qu’il a eu tout loisir d’écouter le trompettiste, entre autre à certaine édition de son BJF (Bordeaux jazz Festival) au sein d’un groupe original et même improbable Grand Six.

Alternance déconcertante mais bien vue de rythmes, ruptures de tempos dans des  ballades au doux crescendo  comme « Plus de poissons », lentes sinusoïdes méditatives comme dans « Frases »,  ou  « Lamentation » recueillie, volutes charmantes de « Papagei ». Les envols qui suivent détonent d’autant plus joyeusement au bugle ou à la trompette, puique le musicien joue des deux avec aisance.

Ses acolytes l’accompagnent sobrement : ils savent faire ce qu'il faut pour impulser le mouvement comme dans « Petit pays ». Ce sont Blaise Chevallier à la contrebasse et Emile Saubole aux drums : leur musique  n’est jamais aussi souple que quand elle est jouée en douceur.  En résumé,  avec un son délicat, un phrasé d’une limpidité saisissante dont on se plaît à suivre les méandres, à la fois sensible et technique, ce trompettiste est à suivre avec attention, même si, comme le soulignait finement Philippe Méziat, l’on s’attache plus encore à l’énonciation qu’ au sens même du discours. Et c’est un peu dommage.

 

Sophie Chambon
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