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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 19:09

PACEO_cover.jpgAnne Paceo Triphase: « Empreintes »

Laborie Record/Abeille - 2010

 

Leonardo Montana (p), Joan Eche-Puig(cb), Anne Pacéo (dr, voc)

 

 

Empreintes est le dernier né du trio osmotique Triphase. Soyons direct: c'est de la très bonne musique avec de bonnes vibrations mais, après écoutes, on attendait mieux ou plus de Triphase.

Anne Pacéo est une jeune musicienne en vogue (elle compte plus de 25 collaboration en sidewoman au jour d'aujourd'hui), depuis ses résidences à feu la Fontaine à Paris qui l'ont fait connaître. Triphase est son projet musical principal, en tout cas le plus connu et le plus éclairé. Son premier album, au titre éponyme, a fait vibrer les âmes par sa poésie et sa fraicheur. La collaboration Pacéo / Montana / Eche-Puig est éminemment riche – particulièrement en concert - car ces trois jeunes musiciens forment un véritable groupe cohésif, construisent et qui jouent ensemble régulièrement. Cela a son importance car la musique s'en ressent fortement: le trio est soudé et chacun se fait force de proposition, avec ses atouts. A tel point qu'il a sa propre identité.

Leonardo Montana et Anne Pacéo composent les pièces de cet album; Montana distille la tension et l'émotion dans le trio, Eche-Puig est le synapse transmetteur des messages piano/batterie et Pacéo produit de l'espace dans la musique et la colorie de ses vocalises. Ensemble, les trois musiciens s'écoutent et chacun apporte de soi et du plaisir aux autres. Au final, il y a bien quelque chose d'unique. Un scintillement indéfinissable que seuls l'âme et le cœur de l'auditeur parviennent à recueillir l'énergie et la beauté.

Les maitres-mots qui pouvaient servir à définir le trio étaient « retenue », « contrastes » et « poésie ». Dans Empreintes, tout cela est dilué, un peu perdu dans un formatage ambiant (européen?) du trio piano/contrebasse/batterie, comme il doit être selon une certaine mode guidée par l'esthétique de groupes phare comme E.S.T. - inévitablement - et autres power trios. Triphase perd ici un peu de son originalité et s'engage dans des envolées quelques fois brouillonnes. La diversité de ses inspirations s'est atténuée alors que les compositions sont protéiformes et semblent suivre une recette toute européenne (les progressions crescendos, qui tendent vers une densité grandissante pour finir sur un apaisement immédiat, influencent le procédé d'écriture de beaucoup de « trios piano » européens.) Triphase prend un peu trop la mesure des E.S.T., Yaron Hermann ou Neil Cowley.

Cela n'enlève rien au talent individuel des musiciens de Triphase où chacun garde son authenticité, c'est l'ensemble qui est trop bien « réglé ». Pour résumer: la musique est bonne, de haut niveau, mais l'identité du trio s'est éteint pour tendre vers une vibration devenu prévisible.

 

Jérôme Gransac

 

Site de Anne Pacéo

Myspace de Anne Pacéo


 

 

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