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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 22:15

ANTONIO SANCHEZ : «  Live in New York at Jazz standards »

Cam Jazz 2010

Miguel Zenon (as), David Sanchez (ts), Scott Colley (cb), Antonio Sanchez (dm)

antonio sanchez

Si vous voulez avoir une idée sur ce qui se pratique de mieux dans le jazz actuel, allez voir (ou plutôt écouter) du côté de cette nouvelle génération du jazz issue de l’immigration portoricaine, indienne etc … et forgée dans les meilleures écoles  de  musique.  C’est  une  génération  qui  possède,  bien ancrée en elle ses propres racines métissées à un jazz aussi savant que sauvage, mélangeant ses idiomes avec les patterns  traditionnels du jazz, du rythme, du swing et de la syncope.   Il  suffit  d’entendre  les  prodiges  de  Miguel Zenon, de Vijay Iyer, Guillermo Klein, Rudresh Mahantappa ou encore de David et de Antonio Sanchez ( qui ne sont pas de la même fratrie ) pour s’en rendre compte. Il y a dans leur musique et à des degrés divers, une rage de musique intacte et cristalline.

Et la magnifique idée de la part du label italien d’avoir mis la main sur la captation live d’un concert donné par le quartet d’Antonio Sanchez au Jazz Standard en 2009 en est une illustration flagrante.

Sous  la  houlette  de  ce  magnifique  batteur d'à peine 39 ans, demandé par les plus grands du jazz (trois fois primé aux Grammy Awards et membre permanent de la formation de Pat Metheny) c’est un superbe quartet powerful qui en effet, se dégage  ici.  Une réunion aux sommets de 4  immenses talents bourrés d’une énergie de tous les diables. Deux solistes poussés, portés, expulsés, balancés en l’air par une rythmique de choc qui avec Scott Colley (génial et ultra puissant) et Antonio  Sanchez  (  en trublion inventif) emporte tout sur son passage, la musique, les solistes, les spectateurs du soir, les auditeurs accrochés à leurs earphones, les cravates qui s’envolent au comptoir du bar et les pékins accrochés au zinc  pour  ne  pas s’envoler. Impossible de résister à son flot. Et s’il n’y a avait que cela ! Mais ce serait oublier cette musique pour l’essentiel composée par Antonio Sanchez, matériau qui déborde de trouvailles, multiplie les formats, enchaîne  les  séquences  de contrepoint avec des unissons furieux et laisse place à des espaces parfois ultra denses  ( les deux premiers morceaux, Greedy Silence et H & H mettent littéralement le feu) et parfois au contraire très étirés ( Ballads, The Forgotten Ones).

On  aurait  certes  pu  craindre  à l’usure face à ce double CD « live » où les morceaux durent chacun au bas mot, 17 à 20 mn. Mais il n’en est absolument rien.  Et c’est tout au contraire une sorte d’émulation perpétuelle qui nous maintient toujours  en  haleine  à  force  d’énergie  toujours redoublée. Où l’on ne sait plus trop, dans la rythmique, qui galvanise l’autre de Sanchez et de Colley. Deux saxs  (ténors et alto), époustouflants où chacun imprime sa marque et porte le témoignage  de  deux  personnalités  fortes,  deux discours pleinement affirmés. Jamais dans l’esprit d’un duel mais plutôt dans celui d’une complémentarité d’où naît la surprise de deux discours fleuves et formidablement riches. L’un c’est l’aîné, le protégé de Dizzy Gillelspie il n’y pas si longtemps, c’est le Nil majestueux et puissant débordant les plaines ensevelies et l’autre plus jeune mais déjà immense saxophoniste c’est l’Amazone et le Yang Tsé Kiang réunis.

Formidable choc de rentrée……

Jean-marc Gelin

 

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commentaires

E
<br /> <br /> les dnj, c'est toujours pareil : bravo aux nuls. Heureusement, leurs lecteurs s'y connaissent aussi peu qu'eux. Sanchez, c'est mauvais, ça vaut rien, mais "formidable choc de rentrée" ! allez,<br /> caresses et bises quand même<br /> <br /> <br /> <br />
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