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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 08:17

Cam Jazz 2013

John Escreet (p), David Binney (as), Donny Mc caslin (ts), Matt Brewer (cbà, Antonio Sanchez (dms)

 

 

 

 

Dans mon nirvana antonio-sanchez.jpgdes batteurs qui évoluent de l'autre côté de l'Atlantique, il y a quelques sérieux clients. Sans vouloir tomber dans un name-dropping un peu futile, je citerai bien quand même et pêle-mêle Jeff Tain Watts, Gerald Cleaver, Eric Harland, Justin Brown, Nasheet Waits et...... le batteur mexicain Antonio Sanchez dont il faut bien dire que je suis l’un des grands fans.

Il n' y a pas si longtemps, nous écrivions dans ces mêmes colonnes tout le bien que l'on pensait de son avant-dernier album ( son album « live au Jazz Standard de New York » cf. ANTONIO SANCHEZ : « Live in New York at Jazz standards » )

Sans accéder au même niveau, ce nouvel album inscrit résolument le batteur de Pat Metheny comme ce qui se fait de mieux en ce moment. Antonio Sanchez est en effet de ceux qui, quand bien même il s'entoure (comme ici)  d'un all-stars impressionnant, donne néanmoins l'impression d'avoir des épaules si larges qu'elles suffisent à elles seules à tenir la boutique.  Engin à propulsion capable de catapulter n’importe quelle section rythmique et non des moindres puisqu’il s’agit en l’occurrence du jeune John Escreet et de Matt Brewer. Antonio Sanchez en fils spirituel d'Elvin Jones. Sorte de Vulcain en second, maître des forges, Hérault du feu qu'il maîtrise et sur lequel il souffle avec force de vie et de passion.

Et s'il s'est accompagné d'un combo de luxe où Dave Binney le dispute à Donny Mc Caslin ( deux fameux clients aussi) c'est pour leur offrir de magnifiques compositions sur lesquelles ces deux soufflants savent y faire dans le genre allumeurs d’incendies au cœur tendre, attisant le groove avec de félines manières (Uprising and revolutions). Les compositions du batteur sont un peu inégales et si l’on se serait bien passés d’un morceau anecdotique comme Minotauro on rentre en revanche à fond dans cette énergie presque pop sur New Life où Antonio Sanchez se transforme en Keith Moon (le batteur de The Who) avec ce morceau à tiroirs qui évolue en cours de route de manière surprenante. C’est une composition que Pat Metheny aurait très bien pu revendiquer quant aux richesses harmoniques qu’il recèle. Mais il y a aussi des rythmes latins qui viennent s’inviter à la fête avec Medusa qui donne l’occasion d’un bel échange entre John Escreet , David Binney et Donny Mc caslin ou encore ce très funky The real Mc daddy endiablé.

Encore une fois, avec cet album Antonio Sanchez confirme bien qu’il est l’un des véritables pivots de la scène du jazz américain. A l’instar d’autres comme Miguel Zenon, il apporte la démonstration de la vivacité de cette musique qui ne cesse d’évoluer avec pour maître mot le sens du groove. Sur ce terrain-là, Antonio Sanchez donne une véritable leçon.

Jean-Marc Gelin

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