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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 21:57

Jazz Icons 2009

Art Blakey (dm), Jackie Byard (p), Nathan Davis (ts), Freddie Hubbard (tp), Reggie Workman (cb)

 



La collaboration entre l’éditeur jazz Icons et les archives de la télévision Britannique (BBC) ou Française (INA) permet aux jazz-fans l’accès à une masse documentaire intéressante parmi lesquels on trouve un florilège de concerts donnés en France dans les années 60. Après un précédent DVD consacré aux Jazz Messengers en 1958,  cette nouvelle série de Jazz Icons permet de découvrir notamment ’un concert donné en 1965 à Paris à la Mutualité par cette version des Jazz Messengers (intitulée Art Blakey «  New jazzmen ») qui prenait alors la suite de quelques autres versions dont la fameuse, celle ou Freddie Hubbard soufflait en même temps que Wayne Shorter et Curtis Fuller tandis que Cedar Walton prenait le clavierici occupé par Jackie Byard. Cette captation vidéo de moins d’une heure est donc d’autant plus appréciable que cette version des « New Jazzmen » n’est jamais entrée en studio. C’est autour du répertoire classique des Jazz Messengers que cette formation (les fines bouches diront que ce n'est pas forcément la meilleure mais.... ce sont des fines bouches) s’exprimait ce soir du 3 novembre autour des compositions du plus pur hard bop signées pour l’essentiel Freddie Hubbard (notamment The Hub, Crisis) et que le quintet balançait sur scène, sans répétition avec cette énergie parfaitement contrôlée des grands pros de l’écurie Blue Note. Et comme toujours avec Art Blakey ce que l'on entend d'abord c'est l’urgence de la pulse, c'est cette éclatante et impudique vérité du jazz, celle de l’accouplement sans gêne d'un batteur de génie et d'un contrebassiste pas moins inspiré, cette fornication féconde de la batterie et de la contrebasse devant laquelle les solistes héroïques tentent par un sursaut de pudeur de faire diversion en alignant des chorus qui ne parviennent pas vraiment à cacher que derrière eux une orgie rythmique s'en donne à coeur joie. Et ces solistes sont bels et bien magnifiques. A tout seigneur tout honneur, Freddie Hubbard omniprésent dans ce concert là, se révèle particulièrement en verve. Avec cette pétulance des "sûrs d'eux", cette franche attaque des notes de ceux qui savent qu'ils savent et qui ont l'air de tout entraîner d'une simple claque dans le dos. A ses côtés Nathan Davis fait le job et le fait bien même plutôt bien, avec une pointe de distance. Quand à Jackie Byard, déjà un peu la tête ailleurs, dans la musique d'après, dans l'inspiration qui suit le hard bop, il apporte ici un réjouissant décalage.

Si  ce  document  est plutôt bien filmé et bien construit on pourra néanmoins lui reprocher une image de qualité médiocre, plutôt cotonneuse. Mais on doit à nouveau rendre hommage au merveilleux travail éditorial que, fidèle à son habitude, Jazz  Icons  nous  propose,  allant  chercher  pour  l'occasion parmi les plus belles plumes du jazz pour étoffer ce DVd de liners particulièrement bien documentées. Ici ce n'est pas moins que Michael Cuscuna, célèbre producteur du label qui s'y colle et apporte un éclairage honnête et sans concession sur cette performance du 3 novembre 1965.

Jean-Marc Gelin

 

 


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