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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 23:35

Aphrodite records 2010

Barend Middelhoff (ts), Pierre Christophe (p), Cedric Caillaud (cb), Philippe Soirat (dm)

barend-middelhoff.jpg S'il ne devait rester qu'un seul défenseur de cette tradition du jazz de club, de cette perpétuation du be-bop des caves enfumées, ce serait bien Jean-Jacques Grabowski dont le label poursuit inlassablement et avec amour son travail qui consiste à maintenir vivante la flamme de ce jazz que l'on aime. De celui que l'on continue à entendre à New-York par exemple lorsque l'on pousse les portes du Small pour entendre des ténors comme Grant Stewart ou  Abraham Burton.

En enregistrant le saxophoniste néerlandais Barend Middelhoff, Grabowski perpétue cette tradition. Entre Amsterdam, New-York (où il fut l’élève de Dewey Redman ou de George Garzone) ou encore Paris et Bologne où il réside actuellement, le ténor a plus que roulé sa bosse du jazz.

Mais que les adeptes d'un jazz moderne, cérébral, adorateurs des structures impaires et des atonalités dominantes passent leur chemin. On est juste ici comme au cœur d’un 3ème set.  Middelhoff retrouve, entre autres camarades de jeu de ses anciennes aventures parisienne, le pianiste Pierre Christophe toujours admirable dans le phrasé bop auquel on jurerait que parfois il aime ajouter une pointe d’humour décalé, ainsi qu’une fameuse paire rythmique  dans le genre assurance tous risques, composée de Cédric Caillaud et de Philippe Soirat.

Tous les 4 jouent comme ça, naturellement cette musique toujours réinventée. Pas d’effets. Pas de trucs tirés par les cheveux. Juste une musique simple joué en toute souplesse et en décontraction. Barend Middelhoff, superbe ténor au son de velours évolue dans une tradition purement lesterienne. Et avec sa rythmique hyper efficace et rompue à l'exercice, il fait le job avec plus ou moins de conviction. Pas de réelle inventivité dans le propos (c’est vrai que ça date un peu mais pourquoi faudrait il que cela ne date pas ?), mais un vrai amour de ce jazz là qui dit le swing avec classe et élégance. Voire avec une pointe de détachement nonchalant. Une sorte old fashioned émouvant et faussement blasé que l’on voudrait pourtant parfois un peu plus engagé.

Mais Barend Middelhoff ne se situe jamais dans cette fausse énergie que l'on croit déceler chez les musiciens lorsqu'ils jouent vite et fort. Il est dans une autre énergie, celle de dire ce swing sur n'importe lequel des tempi avec ce phrasé sensuel et juste ce qu'il faut de souffle websterien et de léger vibrato.

Le ténor aime les mélodies. Involontairement il y rend un bel hommage à Blake Edwards qui vient de nous quitter, en reprenant ce Nothing to Losed’Henri Mancini immortalisé dans le film, The Party. Ou encore dans un thème de sa composition fort joli, Place du Marché sainte Catherine dont les parisiens savent bien qu'elle est, l'été l'un des plus délicieux endroits de la capitale.

 

Fondamentalement inspiré, le ténor et ses acolytes nous font vivre là un moment agréable de jazz.  Ils ont cet art de transporter le plus petit club de jazz en plein cœur de votre salon. Franchement, ce serait fort dommage de s'en priver.

Jean-marc Gelin


 

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