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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 11:22

www.bigfourquartet.com

2011

Julien Soro (as, ts), Stephan Caracci (vb), Fabien Debellefontaine (tuba), Rafaël Koerner (dm)

big-four-quartet.jpg

Deuxième album du très remarquable et très remarqué Big Four quartet. Remarquable assurément autant par la somme des talents qu’il agrège que par l’instrumentum très original qu’il réunit. En effet en associant un vibraphone et un tuba en lieu et place d’un couple piano-batterie, Julien Soro, pierre angulaire de ce projet contribue à la création d’une matière sonore originale.

Alors c'est mutin. C'est le lieu où l'énergie et la puissance deviennent ludiques. Dans leur musique l'influence d'un Tim Berne d’un Steve Coleman ou d’un Henri Threadgill. Celle d'une musique aux confins du jazz, du rock et de la musique contemporaine (même si ce raccourci réducteur n’aurait en soi rien de très original), se jouant des métriques et des grilles harmoniques.

Big Four tourne beaucoup autour du son de l’incroyable saxophoniste leader, Julien Soro dont la simple puissance évocatrice du jeu dynamite tout. Depuis plusieurs années déjà on a repéré Julien Soro comme l'un des plus talentueux de sa génération. Après avoir littéralement porté son groupe Gaïa sur plusieurs tremplin de jazz, puis être passé dans le quatuor des saxophones aux côtés de Chautemps, Jeanneau et Jean-Charles Richard, Julien Soro s'impose aujourd’hui avec Big Four comme l'un des saxophonistes de référence en France. La puissance et surtout la densité de son discours sonne comme un fleuve irrépressible, massif, avec cette épaisseur qui donne du poids au discours. Entendre par exemple son introduction sur Bientôt l'heure ou Svp pris d'assaut par Julien Soro alors que la rythmique rivalise de dynamisme insufflé.

Mais ce sont 4 « sons unis » et il y a des associations dans ce groupe. Le tuba ( qui remplace la basse traditionnelle) et la batterie. Le sax et les nappes souples du vibra de Stephan Caracci (vibraphoniste que l'on entend entre autre chez Raphaël Imbert) et qui imprime magnifiquement sa science de l'harmonie, son sens de l'accompagnement et des sonorités presque électriques et parfois lunaires. Et toujours cette belle empathie du groupe comme sur la Septième parole où l’on est impressionnés par le soin partagé à façonner l’ouvrage. C’est un peu comme si l’on voyait sous nos yeux une mécanique interactive se mettre en branle comme sur cet Automne a trois temps où l'on visualise presque les rouages et engrenage d'un collectif qui "tourne" ensemble. Et il y a le sens du détail et du compagnonnage. Pas étonnant que presque tous les membres de ce quartet se retrouvent tous dans le Ping Machine de Fred Maurin, autre belle et formidable mécanique.

Les compositions, toutes signées de Julien Soro et révèlent une écriture de grande qualité formelle. Sans trop forcément rechercher les espaces, Soro parvient à créer une musique exigeante qui laisse place au jeu collectif et remplace les contre-chants par des mécanismes de questions-réponses cachés derrière le soliste. Remarquablement efficaces ces compositions nous bousculent parfois et nous sortent de toute tentation d’easy listening. Cet album se découvre pour ceux qui en feront l’effort.

Mais, revers de la médaille, ces compositions manquent parfois de direction claire. Ainsi par exemple cette relance sur Nos Sons Unis alors que l’on aurait peut être souhaité une coda plus « attendue » ou encore une prise alternative de Boule de neige qui aurait pu aussi être évitée.

Reste la force de cette musique passionnante et créative en diable et la puissance de son leader qui passe et emporte, comme dans cet Automne à trois tempsoù le jeu passionné de Soro s’impose comme l’un des moments forts de cet album.

photos-2010-2011 0951Jean-Marc Gelin

 

Big Four Quartet sera en concert au Parc Floral dimanche 3 juillet

La sortie officielle de l’album est prévue pour le 8 septembre au Sunset à Paris

 

 

 

 

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