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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 15:52

Blue Note 2014

Jon Cowherd (p), Myron Walden (as, clb), Melvin Butler (ss, ts), Marvin Sewell & Jeff Parker (g), Chris Thomas (cb), Brian Blade (dms)

 

 brian blade landmarks

 

Dans la production surabondante d’albums qui nous parviennent quotidiennement, il y a parfois des petites pépites, surprises heureuses dans cette inégale profusion. « Landmarks », le dernier album du batteur Brian Blade fait ici exception.

A 44 ans, à l’instar d’un autre grand batteur, le regretté Paul Motian, Brian Blade , par ailleurs batteur incontournable du quartet de Wayne Shorter, apparaît aujourd’hui comme un compositeur remarquablement inspiré, capable d’insuffler une réelle âme à sa musique et à ceux qui la serve. Acteur et auteur immense de ce nouveau jazz américain, sa musique s’inscrit dans la lignée de celle d’un David Binney où les espaces mélodiques s’étirent, aériens et flottant dans une sorte de clair-obscur mélancolique et rêveur. Quelque chose de l’ordre du travelling, où la linéarité de la route dessinée entraîne vers un horizon très haut perché.

Des morceaux sublimes aux ostinatos très prenants ( Ark.La.Tex) ou à forte densité pop-jazz ( he died fighting) voire aux accents d’un blues gras  ( Farewell bluebird) sous la houlette de Marvin Sewell (le guitariste de Cassandra Wilson) embarquent leur monde dans ce voyage captivant.

Mais il y a aussi chez Brian Blade quelque chose d’Ellingtonien dans ce soin tout particulier réservé dans son écriture à la mise en valeur de ses solistes. Myron Walden, jeune saxophoniste bourré de talent pour lequel All About jazz (1) n’hésita pas il y a quelque temps  parler de l’une des étoiles les plus brillantes de sa génération, explose ici avec ce son torturé et acide.

Mais c’est avant tout une véritable œuvre collective que signe là son Fellowship Band avec lequel il tourne depuis près de 5 ans. Jon Cowherd et Marvin Sewell signent aussi 3 compositions et montrent qu’il y a là une grande implication partagée qui se ressent tout au long de cet album à fleur de peaux où l’émotion et la sensibilité effleurent avec élégance et légèreté.

 

Pour fêter ses 75 ans le légendaire label Blue Note renoue avec ce jazz de très haut niveau qu’il avait un peu délaissé ces dernières années. Avec Brian Blade, il inscrit de nouvelles pages essentielles du jazz. Avec alléresse on s’en réjouit. On s’en délecte.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

(1) "one of the true bright stars of his generation" who "has a very distinctive sharp tone with a rounded nasaly-inflection" and "has shown the ability to develop solos with both an incisive logic and an organic level of invention."[4] Describing his performance on tenor sax, writer John Kelman said that Walden was "as thoughtful yet fiery a player on the bigger horn as he is on alto" 

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