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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 19:09

 

Emarcy 2013

Cecil Mc Lron (vc), aaron Dhiel (p), Rodney Whitaker (cb), Henri Riley (dms), James Chirillo (bjo, g)

 

 Cecile-McLorin-Salvant--WomanChild.jpg

Cecil Mc Lorin c'est THE Voice. La révélation de cette année ! Pour beaucoup, lorsque l’on nous annonça sa présence lors de la présentation du nouvel Attica Blues d’Archie Shepp à la Villette en septembre 2012, elle était totalement inconnue. Pourtant, en trois phrases la chanteuse parvenait ce soir là à renverser le public de la Grande Halle. Sarah Vaughan semblait avoir investi ce temple du jazz. Et puis il y eu peu après la parution du dernier album de Jacky Terrasson ( « Gouache ») sur lequel la chanteuse accompagnait le pianiste et là encore nous transportait. Il ne lui restait qu’à graver son propre album pour découvrir , au-delà de quelques Youtube pas toujours flatteurs, la vraie personnalité de la chanteuse.

Et la pari est bien au delà du probant, il fait plus que confirmer, il s’inscrit comme l’un des plus bel album de jazz vocal de ces dernières années. Car la chanteuse franco-haitienne qui gagna en 2010 le concours Thélonious Monk dans la catégorie du jazz vocal (ce qui n’est pas peu dire) a cette sorte de voix qui porte tout. Qui emporte tout.

 

Cette voix patiente et gourmande à la fois. Patiente parce qu’elle prend le temps nécéssaire, celui de donner le sens et le son à chaque mot qu’elle prononce avec un le goût de donner à la phrase le feeling. Gourmande parce que Cecil Mc Lorin aime les mots et les mélodies, le blues érotique et la ballade romantique avec la même passion. Et surtout avec la même classe que celle qui animait ses illustres aînées Cecil Mc Lorin peut effectivement tout chanter. Que ce soit des standards, des classiques ou même chanter en Français, exercice pourtant que l’on sait périlleux à faire swinguer ! Son timbre est absolument exceptionnel et lui permet de passer de l'hyper grave à l'aigu avec la même densité. Techniquement la chanteuse est exceptionnelle. Dans sa voix, si parfaitement posée,toutes les modulations possiblesCette voix qu'elle parvient à traîner dans quelques blues un peu trash (comme sur Nobody). Cette voix parfois sage mais aussi d’une sauvagerie (woman child) dont elle joue avec quelques facéties (You bring out the savage in me).

Les grandes chanteuses ressuscitent par la voix de Cecil Mc Lorin. Celle de Sarah,  celle d'Ella ou encore celle d'Abbey. Mais il ne s’agit pas pour autant d’un simple exercice de pure imitation. Car Cecil Mc Lorin parvient à nous convaincre qu’elle a intégré ces voix, se les a approprié au point de s’en faire une deuxième peau. La chanteuse a cette liberté qui émancipe, cette tradition qu'elle parvient à dépasser. Et pour s’en convaincre, ce sens de la réinterprétation comme sur ce What a moonlight can do où elle s'anticipe totalement jusqu’à faire (un peu) oublier Billie.

La chanteuse qui s’est ici entouré d’une équipe de grande classe avec un Aaron Dielh lumineux dans ses interventions au piano signe là un grand album de jazz. Et s’il fallait un titre pour vous en convaincre, laissez vous aller à écouter ce St Louis Gal qui ouvre l’album, éloge de la lenteur, éloge de la moiteur du blues, éloge du feeling.

Jean-Marc Gelin

 

 

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Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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