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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 07:47

 

Chick Corea (p), Steve Davis (tb), Tim Garland (sax), Hans Glawischnig (cb), Marcus Gilmore (dm),

Orchestre de chambre sous la direction de Steve Mercurio avec notamment le Harlem String Quartet et Imani Winds.

 

 chick-corea.jpg

L'année  2011 aura été une année riche pour le pianiste. Elle vient d'ailleurs d'être couronnée par la remise d'un Grammy Award pour son album "Forever". Mais elle avait aussi été marquée par son magnifique duo avec Stefano Bollani ou encore par un enregistrement avec Wynton Marsalis au Lincoln Center qui devrait être édité cette année.

 

Mais cette année 2011 sera aussi marquée par ce magnifique travail pour orchestre de chambre qui nous est ici restitué et qui est publié par Deutsch Gramophon, le label de référence en musique classique qui, une fois n'est pas coutume accueille en son catalogue une icône vivante du jazz. Certains y verront la marque de la consécration..... Ou pas.

Certes le pianiste s'était déjà confronté à l'écriture dite "classique" il y a quelques années pour le compte de Sony Music. Mais il acquiert ici une toute autre dimension. Car c'est un très gros travail de composition mais aussi et surtout d'orchestration qu'il livre ici avec un savoir-faire réellement surprenant où, sur le plan compositionnel on cfoit déceler la marque de Bartok comme influence dominante sur le pianiste. Par son sens des tiroirs ouverts et fermés au gré d'une fantaisie de l'écriture notamment. Il y aurait pourtant pu avoir tous les clichés du monde dans ce thème si éculé des "5 continents". On aurait pu s'attendre à quelques tambours pour évoquer l'Afrique ou des flûtes vietnamiennes pour l'Asie. J'en passe et des pas meilleures. Fort heureusement, on évite ce kitsch là même si astucieusement Corea glisse par-ci par-là quelques petites pastilles évoquant plus explicitement l'ancrage culturel du continent évoqué. L'oeuvre orchestrale est magnifique. Elle imbrique avec une fluidité naturelle les parties "classiques" écrites pour grand orchestre avec les parties improvisées plus "jazz"  souvent amenées par le piano de Corea comme trait d'union entre les deux univers et par ses solistes magnifiques qui viennent éclairer la masse orchestrale. Cela donne un ensemble organique et toujours en mouvement, écrit avec une rare intelligence dans la mise en oeuvre de tous les ressors de l'instrumentum. Sans abuser des cordes ou des vents, Corea parvient à un équilibre passionnant, créant ainsi un mouvement qui ne cesse de nous captiver. Brillant !

 

 

Un deuxième Cd, cette fois totalement jazz est enregistré en quintet autour de quelques standards. Pas forcement obligatoire (plus anecdotique dirons nous) mais assez jubilatoire tout de même dans cet art absolument consommé de faire swinguer les phrases dans un combo acoustique finalement tout aussi inhabituel pour Corea.

A l'heure où l'on a parfois le sentiment que Keith Jarrett ( à qui on l'oppose souvent) tourne toujours inlassablement autour des mêmes principes ( qui font d'ailleurs son génie mais qui surprennent de moins en moins), il y a chez Chick Corea quelque chose de réellement vivifiant à le voir ainsi multiplier les expériences. Soyons franc, je ne suis pas un adorateur du pianiste ( j'ai toujours eu un peu de mal avec Return to Forever .... oui je sais shame on me !) mais depuis quelques temps il se trouve que j'écoute la musique de Chick Corea différemment. Certainement parce qu'elle sait me surprendre et me donner envie de la réécouter.

Jean-Marc Gelin

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