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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 20:47

“Hymne à la nuit”

La Buissonne 2011

 

 

Au départ il y a l’envie de monter un projet avec Pierre Cao en rassemblant trois univers totalement différents : celui du trio Cholet-Kanzig-Papaux (dont les DNJ ont souvent fait les louanges - link), celui de la chanteuse Elise Caron et enfin celui de la chorale Arsys Bourgogne dirigée par Pierre Cao

Jean-Christophe-Cholet-Hymne-A-La-Nuit.jpgPour fédérer ces trois bases à la personnalité musicale totalement différente, Jean-Christophe Cholet a choisi de créer son projet autour du thème de la nuit et des textes sublimes de Novalis (1772-1801, ses Hymnes à La Nuit) et ceux du célèbre poète autrichien Rainer Maria Rilke (1875-1926, Poèmes à la Nuit).

Le piège que le pianiste- compositeur parvient admirablement à éviter, aurait été de tomber dans une ténébreuse crépuscularitè à laquelle le thème invite forcement. C'est plutôt une atmosphère fantomatique qui est ici dessinée. Un clair-obscur entre la masse orchestrale du choeur et la voix envoûtante d'Elise Caron qui porte admirablement le texte. Y adjoindre un trio avec basse et batterie est un vrai défi qui ne fonctionne pas toujours. Il faut ainsi entendre comment sur Equinoxe, Marcel Papaux y doit déployer de vraies prouesses pour apporter un drumming tout en finesse sur la densité orchestrale. Tour de force qui ne va pas réellement de soi et qui semble épuisant.

De même que l'utilisation des choeurs qui est souvent mise en avant plus pour sa sonorité qu'en tant que porteuse d'harmonies distinctes. Mais l'osmose opère parfois et contribue à nous plonger dans un univers aux contours mystérieux.

L'oeuvre est d'une grande exigence musicale, très complexe par ses atonalités et sa logique harmonique. Il faut alors être parfaite lectrice pour se l'approprier ainsi que le fait Elise Caron.

Cette commande d'Etat est certainement conçue pour faire l'objet d'une représentation publique dans un format "concertant". Le passage en studio est plus délicat dans la gestion des équilibres et c'est un nouveau tour de force qui émerge, celui de Gerard de Haro dont on se dit que le travail de prise de son n'a pas du être des plus aisé.

Charme certain. Certain charme que cet onirique voyage dans le monde de la nuit flirtant entre jazz, musique contemporaine et classique. Prise de risque totale. Intéressante audace musicale.

Jean-marc Gelin 

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