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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 22:28

 

clarinet-masters-original-sound-deluxe.jpgCLARINET MASTERS

Original  Sound Deluxe

Cristal records/Harmonia mundi


 

Pour ce 34 ème numéro de la série Original Sound de Luxe, la clarinette est à l’honneur. Et ce n’est que justice, car si le saxophone est associée au jazz dans l’imaginaire collectif, la clarinette fut  historiquement  un des instruments privilégiés des débuts de cette musique. A la Nouvelle Orléans. C’est ainsi que les deux premiers morceaux rendent hommage aux pionniers de l’instrument,  Jimmy Dodds dans « Blue Piano Stomp » et Jimmy Noone dans un éblouissant « I know that you know », en 1928. Et si vous n’avez toujours pas compris  après ça ce qu’est le swing, consultez ! Figure ensuite  Sidney Bechet qui s’illustra surtout au saxophone soprano mais que l’on entend ici dans un émouvant « Blues in thirds » du pianiste Earl Hines.  Rien qu’avec ces trois premiers titres, on goûte la quintessence du jazz et de cet instrument difficile.  On ne sait pas toujours que, dans les sections de saxophones, les instrumentistes devaient être capables de jouer de la clarinette pour rendre certains effets. On en aura des exemples avec des saxophonistes devenus pour la circonstance  clarinettistes d’un soir  comme  Al Cohn,  Zoot Sims, ou encore  Art Pepper.  Et pourtant de grands orchestres à la grande époque  furent conduits par des clarinettistes souvent rivaux, le roi du swing Bennie Goodman que l’on entend dans un éblouissant et véloce « Clarinade » avec des acrobaties dans les aigus et le séduisant Artie Shaw dont le nom en français  a de quoi faire sourire, mais qui rencontra un grand succès auprès de ces dames, on le comprend  aisément avec  ce  « Lady Day » qui rend  galamment hommage  à Billie Holiday qu’il engagea  un temps dans son orchestre au plus fort de la ségrégation raciale. On retrouve avec plaisir  le trop méconnu (aujourd’hui), Hubert Rostaing avec Django et le quintette du Hot Club de France en 1947 dans « I Love You » : il remplace très avantageusement (pour nous) Stéphane Grappelli. Et puis Jimmy Giuffre en trio en 1959, quand il ne jouait pas encore free,  dans ce « Princess » intense, enregistré au plus près, dans le souffle : du jazz de chambre dans sa plus belle expression avec Jim Hall (g) et Red Mitchell (b). Suivent ensuite quelques  perles rares, Lester Young qui ne fit que quelques enregistrements avec l’instrument  en métal (se référer à la collection amie Cabu jazz et au numéro chroniqué dans les DNJ  sous ce thème des curiosités) livre ici un fondant «  I want a little girl » avec Buck Clayton à la trompette, qui vaut bien « These Foolish Things ».Vous l’aurez compris, la liste des instrumentistes géniaux, oubliés ou non est grande et le mérite de cette série est de nous permettre de (re)découvrir ces joyaux qui devraient figurer dans toute discothèque éclairée. Pour les non connaisseurs, comment ne pas venir au jazz en écoutant pareille sélection, justifiée par de vraies notes de pochette ? Les titres s’enchaînent,  peut-on rester insensible  devant Stan Hasselgard,  Buddy de Franco, la clarinette jouée de toutes les façons, de tous les styles possibles ? Pour terminer ce tour de l’instrument  des origines aux années soixante, quoi de plus indiqué qu’Eric Dolphy qui contribua au succès de la clarinette basse ? Il est en quartet avec Jaky Byard (p), Ron Carter  (b), et Ray Bryant (d)  dans « It’s magic » ! On ne saurait mieux dire !

Ce numéro est tout simplement enthousiasmant !

Sophie Chambon

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