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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 21:05

 

ECM 2013

Craig Taborn (p), Thomas Morgan (cb), Gérald Cleaver (dms)

 

 craig-taborn-trio-chants.jpg

Marque de fabrique ECM : la qualité du son et la reverb donnée au piano.

C'est toujours, avec le label de Manfreid ERicher une impression d'espaces larges dans le traitement du son. Comme si  les trois membres du trio formaient un triangle et occupaient cet espace en mouvement en se rapprochant ou s'éloignant les uns des autres comme autant de combinaisons possibles. Il y a à la fois une école du piano nordique, faite de silence et de grandes respirations et une école plus américaine plus portée sur les improvisations jouées sur des motifs harmoniques complexes.

La musique ( des compositions de Craig Taborn) relève d'une conception très personnelle du trio jazz où l'on sent toute l'attention que le pianiste a apporté personnellement à chacun de ses camarades de jeu dans l'écriture. De ce fait il parvient à créer une réelle interaction de jeu entre les trois. Où l'on notera tout particulièrement le travail incroyable de musicalité de Gerald Cleaver qui va chercher des reliefs et des ornementations de jeu très subtils. Véritable coeur palpitant.

Le début de l'album fait mouche avec ses trouvailles harmoniques et rythmiques, ce calage de très haute précision qui bouscule un peu. Saints, un des morceau les plus réussi de l'album nous fait entrer dans cette belle machinerie. Craig Taborn fait surgir de véritables pépites au bout de ses doigts. Sa déambulation surprend, nous oblige à une écoute attentionnée pour suivre les méandres de ses improvisations. Idem sur les ostinatos qui ouvrent  Beat the ground et sur lesquels le driving de Gerald Cleaver

impressionne. Gerald Cleaver, toujours lui éblouissant, lyrique et bouillonnant. C'est notamment ce qui impressionne beaucoup : cette rythmique forte derrière le pianiste, doublée par le jeu de main gauche de Craig taborn qui l'ancre dans une profondeur dans laquelle on se laisse attraper. Mais cette musique de chambre prend souvent le travers, au fil de l'album, d'un intimisme qui connaît quelques moments de grandes lenteurs dans lesquels on aime divaguer et s'ennuyer un peu  ( All tru night, cracking heart, silver ghost). C'est une approche parfois très classieuse du piano jazz avec sa part de rêverie et d'errance comme les aime Manfreid Eicher. Mais parfois aussi la machine se met en branle sur des thèmes répétitifs comme sur Speak the name où la tension crée réveille un peu l'intérêt de l'auditeur. Qui saura c'est sûr en découvrir toutes les beautés cachées.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

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