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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 08:48


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Criss Cross 2011
David Binney: alto saxophone, voice; Ambrose Akinmusire: trumpet; Mark Turner: tenor saxophone; David Virelles; piano; Eivind Opsvik: bass; Dan Weiss: drums.
 
Il y a chez David Binney quelque chose qui relève de l'art des modestes. De ceux qui ne cherchent pas la lumière à tout prix mais qui l'attirent quoiqu'ils fassent parce que tout simplement ils semblent plus  inspirés que d'autres. Il y a l'extrême raffinement et l'élégance du jeu du saxophoniste. Un jeu  classieux comme sur les traces d'un Charlie Parker moderne. Quelque chose qui relève de la grâce.
Le jeune saxophoniste de Floride est depuis quelques temps considéré comme l'un des tout meilleurs représentants de la scène New-yorkaise. Son phrasé est empreint d'une fluidité incisive , au tranchant légèrement émoussé. L'élève de Phil Woods, connu pour ses participations aux orchestres de Gil Evans ou de Maria Schneider ( où il côtoya une autre prodige, Donny Mc Caslin) donne, dans son jeu, le sentiment d'un incroyable maitrise mais aussi d'un feu animé d'une douce passion. Pas besoin chez lui d'emphase et de lyrisme exagéré. Son jeu est tout autre. Avec une part de féminité et de douceur qui en fait un saxophoniste terriblement attachant. Parmi les albums ce très prolifique saxophoniste on se souvient encore du bel album qu'il avait signé en 2008 ( "Out of Airplanes" sur son propre label Mythology) ou encore et surtout de "Welcome to life" qui l'avait précédé d'un an. Cette année le saxophoniste, outre cet album aura aussi publié sur son propre label "Graylen epicentre" en compagnie de Chris Potter.
Avec un réel sens du partage, David Binney offre ici à ses camarades de jeu et notamment à Ambrose Akinmusire et au ténor Mark Turner, la matière même d'une réelle complicité. Un climat en quelque sorte. Et un solide ancrage dans ce jazz moderne de New-york qui se prêche dans les clubs de la mégapole. Il y a aussi dans l'écriture de David Binney une vraie recherche du contre-chant à la manière des grands classiques. Car Dave Kinney est un musicien d'une autre époque que l'on aurait bien vu naitre à la renaissance ou aux heures monastiques du chant grégorien. "Savant" dans l'agencement des chants, "sachant" dans tous les ressors harmoniques. La montée en puissance sur le titre éponyme et sur cet ostinato du pianiste en illustre aussi toute le potentiel dramatique avec ces voix qui s'élèvent dans le ciel et créent après l'expression de passions exacerbées une esthétique d'un calme presque monacal et mystique.
Même si l'on a pas le sentiment de renverser ici les montagnes ( aucune révolution ici) il n'empêche que cet album est réellement séduisant. On aime chacune des interventions du jeune trompettiste d'Oakland. Et la complémentarité de David Binney et de Mark Turner ( qui joue beaucoup plus sur la continuité du discours plutôt que sur les contrastes) est une des belles découvertes de cet album bien honnête et carrément attendrissant.
Jean-marc Gelin

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Published by Jean marc gelin - dans Chroniques CD
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