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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 20:00

 

Label NOME/ L’autre distribution

Concert de sortie au New Morning le 28 octobre

David Enhco (tp), Roberto Negro (p), Florent Nisse (cb), Gauthier Garrigue (dms)

 

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C’est le second album en quartet du trompettiste David Enhco  qui sort sur le tout nouveau label NOME, fondé avec cinq autres musiciens pour gérer de façon plus autonome la mise en place et la promotion des albums du groupe.

C’est effectivement la deuxième couche (traduction de «layer») après l’inaugural  La Horde, sorti déjà en autoproduction chez Cristal Records. Gageons que le jeune musicien et ses comparses sont en train d’édifier un édifice musical qui va durer, un projet collectif cohérent, intègre, combinant rigueur des échanges et appétit de jeu. Le quartet concocte un  millefeuille musical  délicieux, léger et profond à la fois. Composé en courtes séquences que séparent des interludes, Layers constitue un portrait sur le vif de cette génération qui passe  sans problème du classique au jazz, s’aventurant dans la composition d’un univers personnel, toujours mélodique, non dépourvu de lyrisme et d’efficacité.

Deux voix, celles du trompettiste et du pianiste s’élèvent avec bonheur et complicité  dans un registre de mélodies aux harmonies retenues, harmonisant la lisibilité d’un ensemble tout en finesse et en demi teintes. Mais chacun a sa place dans ce quartet équilibré, libre d’exprimer sa personnalité dans un contexte modifiable selon les improvisations. C’est la rythmique souple et rebondissante qui permet au trompettiste de prendre ses envols poétiques, déliés (il est magistral sur « In Waves »). Et Gauthier Garrigue sur « Rude and Gentle » impose lentement et délicatement le chant ininterrompu d’une batterie insistante et frémissante en jouant sur les peaux, le métal, les balais.

C’est sans aucun doute la signature d’un album jazz que dessine cette «story» aux couleurs tendres et fraîches : dès les premières notes de « Nancy With A Laughing Face », on reconnaît  un discours musical référencé, un savoir-faire qui provient d’une solide culture musicale. Cette version réussie de la chanson de Jimmy van Heusen  que Sinatra dédia à sa fille Nancy, fait remonter les effluves d’un jazz d’autrefois, un vrai régal sans mièvrerie, avec le son feutré et doux de la trompette et une contrebasse chantante, évidemment, proche et palpitante.

L’album dans son enchaînement et ses «Séquences » même, nous entraîne de climats percussifs en moments de méditation et de rêve éveillé : une miniature sonore, ce « Childhood Memories » qui laisse la place au pianiste Roberto Negro qui sait depuis sa Loving Suite pour Birdy So ce que conter veut dire. Et d’ailleurs en appui avec le contrebassiste Florent Nisse, il continue sans transition, tout simplement , à jouer une musique désirante avec  cet « Oiseau de Parhélie », arc-en-ciel situé de part et d’autre du soleil. Oiseaux de paradis, oiseaux de parhélie, ces musiciens savent nous faire rêver... avec une facilité apparente, sans recherche d’effets virtuoses. Voilà de grandes qualités qui jouent en faveur d’un album plus que convaincant.

Sophie Chambon

 

 

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Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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