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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 07:33

David-Murray---I-am-a-jazzmanDVD23.jpgDavid MURRAY : "Saxophone Man"
La Huit & 3D Family - 2010
2 DVD, 3 films de Jacques Goldstein: "David Murray, I am a Jazzman" / "David Murray and the Gwo Ka Masters - Live in Sainte Lucie" / David Murray Black Saint quartet - Live at Banlieues Bleues Festival"

En Europe, David Murray est connu depuis les années 90 lorsqu'il quittait les Etats Unis pour la France. A cette époque, le jazzman est au sommet de sa gloire aux Etats Unis: élu saxophoniste de la décennie 90 et nommé à de multiples reprises aux Grammy Awards. Sans jamais laissé la naphtaline lui monter au citron et en prenant de véritables risques artistiques, ce musicien fondamental a parcouru les divers chemins musicaux en s'essayant à TOUS les styles empruntés par les musiques noires: du free aux musiques expérimentales, du duo aux big bands (jazz ou cubain),  opéra, spiritual, gospel, be-bop, mainstream, blues, de la musique sénégalaise aux musiques créoles…
Quelles sont ses motivations? Pourquoi avoir quitté les "sunlights" du jazz américain, en pleine reconnaissance, pour venir s'aventurer en Europe? David Murray explique tout, avec des mots simples, dans le substantiel documentaire "I am a Jazzman" de Jacques Goldstein.
Tout commence à NYC où l'ont voit David Murray, accompagné de son pianiste Lafayette Gilchrist, qui arpente les rues de cette ville fantastique à la rencontre de ses souvenirs (1). Puis, retour aux origines: la rue de son enfance où son père l'a élevé dans un quartier volontairement mixte en couleurs: "Je n'ai pas été élevé pour être raciste. j'ai été élevé pour être un bon être humain". Personnage charismatique qui se dévoile peu, David Murray est franc et direct: il se décrit comme un artiste engagé, digne et respectueux représentant de son époque. Sans renier ses racines, celui qui cherche à occulter son "américanité" pour gagner en "africanité" nous fait part de la mission qu'il s'est donnée, des obligations que lui confère la "Great Black Music", avec un B très majuscule puisqu'il l'embrasse dans toute sa globalité universelle.
Avec une scénarisation minimaliste qui parfois le dessert, ce documentaire, fait d'instantanés, est en réalité très complet. Si on aperçoit de rares documents historiques (2), il revisite tous les points d'orgue de la carrière de l'artiste, les personnalités qui ont été influentes (3), bref les fondements de la musique de Murray. On discerne la sincérité profonde du parcours musical d'un Murray, tourné vers l'avenir, qui veut être le chantre du passé de la culture noire dans toutes ses largeurs, à la manière de Sun Ra ou Ellington.
Sur le deuxième DVD, "Live at Sainte Lucie" reprend en grande partie les images carribéennes du premier documentaire où l'on y voit un David Murray courageux comme au premier jour car contraint de faire son trou pour se faire entendre sur une scène locale de chants et musiques traditionnels. L'originalité du concert sur l'ile de Sainte Lucie avec les Gwo Ka Masters est d'abord cinématographique car le show a été filmé directement sur scène, sans aucun plan sur le public ou depuis le public. Goldstein utilise à nouveau cette technique de prise d'images sur la scène, à l'intérieur même du groupe, avec le live à Banlieues Bleues. Ce deuxième concert est court alors qu'il est celui des deux qui est le plus évocateur car il permet de redécouvrir le Black Saint quartet de Murray (4), versant occulté de la musique du saxophoniste au profit des Gwo Ka Masters ces dernières années. Les deux concerts, regardés l'un à la suite de l'autre, montrent l'étendu du spectre musical de ce saxophoniste boulimique de créativité.


Jérôme Gransac

 

(1) - sa participation aux Loft Sessions, avec le regretté Julius Hemphill, lui permet à l'époque d'occuper une place que la ville ne lui donne pas.
(2) - David Murray à l'église accompagnant des chants Gospel ou avec son père guitariste.
(3) - Stanley Crouch avec qui il semble s'être rabiboché, Amiri Baraka avec qui il constate l'espace ridicule donné au jazz par les instances culturelles américaines en comparaison à celui accordé aux orchestres philharmoniques, le poète Ismaël Reed, la chanteuse Cassandra Wilson avec qui il a enregistré aux débuts de la chanteuse.
(4) - avec Lafayette Gilchrist, qu'on retrouve sur le cd enregistré par David Muray et Hal Singer chez Marge Futura, Andrew Cyrille et Ray Drummond.

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Published by Jérôme Gransac - dans DVD jazz
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