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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 07:35

Chant du Monde 2009

Denis colin (clb), Benjamin Moussay (fder), Julien Omé (g), Stéphane Kerecki, Arnault Cuisinier (cb), Eric Echampard, Tony Raberon (dm), Antoine Berjeault (tp, bg), Sylvaine Hélary (fl, vc), Fabrice Thueullon (bs, ss), guest Tony Malaby (ts)



La sortie du nouvel album de Denis Colin ne manquera de marquer les esprits. Tout simplement surprenant et émoustillant ! Dense et fort à la fois.

Denis Colin que l’on avait laissé avec la chanteuse Gwen Matthews revient ici avec ses fameux Arpenteurs, un nonet survitaminé galvanisé par la présence d’une double rythmique ( 2 contrebasses et 2 batteries). Avec eux, Denis Colin s’engage à fond dans une musique protéiforme où la présence exceptionnelle de Tony Malaby en invité surprise ne fait qu’ajouter à la délectation immédiate. Intégralement composée par le clarinettiste, sa musique offre une forme malléable, qui passe naturellement du trio au nonet sans rupture de « son », ce son épais et dense qui envoie de bout en bout un groove terrible et n’hésite pas à se délester de toutes bonnes manières pour venir se vautrer dans un son parfois un peu sale. Se jouant des structures polyrythmiques Denis Colin balance ce swing entre funk, rythmes africains et rock-jazz avec un sens compact de l’engagement collectif. Sans compter, sans se ménager, ces gars-là « mouillent le maillot » comme on dit ailleurs. Antoine Berjault éclatant, Benjamin Moussay décisif, Colin au plus près de son texte, étonnant dans la palette d’émotions qu’il charrie, et enfin Tony Malaby qui porte cette musique à haute incandescence avec des talents exceptionnels de caméléon. Rythmiquement, le cœur du sujet ici, qu’il s’agisse de transcender les tourneries ou d’installer parfois un climat plus sombre, plus lunaire, la double section tient la baraque à haute température, avec brio.

Il est alors question dans cet album de parler à cette zone qui se situe quelque part du côté de notre cerveau, quelque part au niveau de nos orteils et quelque part au plus profond des tripes, quelque part  où résonne l’évocation des rythmes primaires et sauvages. Cette musique explose et s’expose sans pudeur, parle à nos propres instincts, ceux de la danse et du rythme qui effleure les peaux. Cette vérité qui s’exprime par la musique nous transforme tous en pygmées Aka. La musique de Denis Colin explore avec force cette part indicible de nous-même et sans arrière-pensée et nous renvoie à nos propres origines.

Jean-Marc Gelin

 


 

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commentaires

B
<br /> Extraordinaire concert des "sociétaires arpenteurs" hier soir au Café de la Danse...<br /> On espère pouvoir les revoir rapidement tous ensembles !<br /> Guettons les sur youtube... <br /> <br /> <br />
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