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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 12:08

dedierlabbe.jpgCompagnie Messieurs Mesdames/Mosaïc Music


 

 

 

Découvert à la dernière Fête de l’Huma sur la scène Jazz Hum’ Ah !, le quartet de Didier Labbé fit à juste titre, une forte impression et l’album correspondant au programme Le Cap, nous fait entendre un magnifique groupe entraîné par le saxophoniste qui aime à se jouer des modes et du temps, dans ce voyage en terres australes. On est immédiatement plongé dans le bain, du Cap dans une Afrique imaginée, imaginaire (?),  une Afrique bigarrée, festive, frémissante et inquiète, sur des rythmes chaloupés qui swinguent sans retenue. Ça chante aussi  avec ce merveilleux accordéoniste Grégory Daltin ( l’instrument revient en force - il faut s’en réjouir quand il est aussi bien joué - sur la scène du jazz hexagonal ), entouré d’un tubiste brillant  dans ses rugosités même, Laurent Guitton, que soutient et renforce un batteur des plus attentifs Jean Denis Rivaleau . Une rencontre fusionnelle entre ces quatre musiciens, un échange sensible et rayonnant sur scène et sur l’album. Chacun prend à l’aise de puissants solos, accordéon et tuba se répondant sur le « Did you hear that sound »? de  l’emblématique Abdullah Ibrahim, fil conducteur, inspirateur de l’album, auquel Didier Labbé rend hommage dans un émouvant  «Merci Monsieur Abdullah Ibrahim». Comme si les compères voulaient faire allégeance au piano absent, dernier élément, virtuel, de leur groupe. Une aventure collective avec une instrumentation aux timbres originaux qui force l’écoute, pour une musique simple mais forte, toujours en mouvement. Qui surprend et attache. Ça commence de fort belle manière dès l’entraînant « Le cap », rejouant des traditions millénaires. «Pas cap» est troublant  avec la plainte vive du saxophone sur fond de tambours et  grognement du tuba, et en arrière plan, un accordéon menaçant. Comme si chacun jouait sa peau, à moins que ce ne soit avec nos nerfs. Enfin, à la flûte et aux divers saxophones, le leader de ce groupe épatant  conduit son discours explicitement, avec générosité, lyrisme, mélancolie parfois, en dépit de l’énergie déployée constamment. L’Africanité dans tout ça ? Le disque se réclame, on l’ a dit, du grand pianiste converti  depuis à l’Islam et devenu Abdullah Ibrahim.  Notre ancien Dollar Brand  composait des mélodies chatoyantes, plus vives et épanouies bizarrement, issues du blues, des ballades du répertoire populaire, où dominait le chant profond des graves. Si vous ne dansez pas sur l’hypnotique « Imam »  où tuba et flûte s’enroulent, vous méritez de demeurer à jamais cloué sur votre siège. «The Wedding », hymne tendre et prometteur, en miroir au premier titre, conclut le disque,  exaltant le phrasé du saxophone. Traversé de fulgurances, l’album fait entendre un chant mélodique profond.  Absolument ensorcelant !

Sophie Chambon

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