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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 11:24

DIMITRY BAEVSKY : « DOWN WITH IT »

Dimitry Baevsky (as), Jeremy Pelt (t), Jeb Patton (p), David Wong (cb), Jason Brown (dm)

Sharp Nine Records 2010

  Baevsky.jpg

Il y a en ce moment dans les clubs de New York un jeune sax alto qui commence très sérieusement à faire parler de lui et à alimenter le buzz. Dimitry Baevsky, jeune musicien russe natif de St Petersburg écume les bars de Big Apple depuis près de 10 ans, naviguant sur des terres bien connues, celle du bebop et du hard bop pur jus. L’album qu’il vient de sortir ne renie pas cet amour de la tradition et va puiser du côté des thèmes de Bud Powell (Webb City), de Clifford Brown (La rue), Gigi Gryce (Shabozz) ou encore Monk ( We See). Ambiance club assurée, du swing et du bop et surtout un gars qui comme on dit, « joue terrible » ! Un alto au timbre sombre au superbe phrasé qui affiche avec assurance la maîtrise harmonique parfaite des grands du sax dans l’improvisation bop. Le garçon ici bien entouré par une rythmique qui fait remarquablement le job, impressionne. Tout est en place. Sans esbroufe. Dans les tempi lent ou rapide, le garçon perpétue cette belle histoire du jazz, qu’il s’est depuis belle lurette bien appropriée (diplômé de l’école de St Petersbourg depuis l’âge de 15 ans !). C’est l’histoire des clubs (jadis) enfumés, de la sueur qui perlait au front des Dexter Gordon et de tout ceux qui alignaient les chorus héroïques à mort. Et si l’on cite ici un ténor, c’est que Baevsky a cette tonalité qui le rapproche parfois de cette autre catégorie. Une sorte de virilité douce et sensuelle. Un lyrisme à tomber à genoux. Sur plusieurs titres le trompettiste Jeremy Pelt entre dans cette danse du jazz retrouvé.

Surtout ne pas s’attendre à une révolution en marche. À moins que la révolution ne se cache dans la redécouverte de ces racines essentielles.

Dimitry baevsky sera au Sunside vendredi 1er octobre. A n’en pas douter d’autres de ses corréligionaires seront présent dans la salle pour ne pas manquer ce nouveau grand sax qui, rallumera la flamme, ressuscitera quelques voix anciennes et en réveillera d’autres.

Jean-Marc Gelin

 
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