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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 07:06

Personnel détaillé sur la pochette. Half Note Records. 2009.

Cet album relance une question : ça sert à quoi un « all-star » ? Car s’il n’est pas commercialement     (voire affectueusement) surprenant de voir ressurgir des avatars du big band de Dizzy Gillespie, comme ce fut le cas de celui de Basie, assez peu de celui d’Ellington (demandez-vous pourquoi), musicalement l’interrogation, dans certains cas, demeure : perpétuer une mémoire ? Réinterpréter un corpus ? Réaffirmer certains critères musicaux ? A l’écoute, on n’aura certes pas l’outrecuidance, en pareil cas,  de douter du travail des sections (voyez par exemple « One Bass Hit ») ; avec un « musical director » de la trempe de Slide Hampton et des calibres tels James Moody, Jimmy Heath, Antonio Hart, Gary Smulyan, Claudio Roditi (à créditer d’un beau chorus intense sur « Birk’s Works »), Roy Hargrove, Cyrus Chestnut ou Lewis Nash, la cohésion orchestrale est garantie. En revanche, au fil des plages, l’impression se renforce d’un bop qui n’est même plus classicisé mais banalisé, é-nervé (cf. « Una Mas »). On est loin, même si l’on comprend bien que l’heure n’est pas à la copie servile, de l’intuition géniale de Dizzy Gillespie qui, faute d’une sensibilité écorchée, avait compris qu’il pouvait électriser - et rendre ainsi éminemment actuelle - une musique déjà plongée pourtant dans l’expressivité la plus débridée en raison d’une virtuosité posée en principe et d’un humour décalé, presque grinçant, qui en était le complément naturel.…La version bien ronronnante de « Manteca » avec un son de guitare basse (John Lee, également producteur du disque) complètement « old fashion » pour ne pas dire « has been » (où est passée la révolution des Pastorius, Alphonso Johnson et autres Marcus Miller ?!) dit assez bien le déphasage de ce all-star par rapport aux exigences de son temps déboussolé. Voilà ça sert à cela, souvent, un all-star : marquer négativement l’écart par rapport à ce qui fut un temps splendidement étoilé…

Stéphane Carini.

 

 

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commentaires

C
<br /> <br /> Cher Jacques Chesnel,<br /> <br /> Je vous réponds avec retard, toutes mes excuses.<br /> Soyons clairs : je n'ai rien contre le "revival" ou la reprise de corpus célèbres et je ne recherche pas à tout prix cette prétendue originalité créatrice, travers qui ruine à mon sens l'approche<br /> du jazz depuis plusieurs années et suscite un<br /> discours d'une hypocrisie insupportable.<br /> Pour autant, si l'on veut défendre utilement ce type d'entreprise (car il y a aussi le côté business), il faut rester lucide et c'est pourquoi j'ai pointé quelques aspects négatifs ou réserves,<br /> après une écoute attentive de ce CD.<br /> J'ai comme vous d'excellents souvenirs de big bands s'étant produits sans leur leader historique (Count Basie big band, Basie Alumni, Dizzy Gillespie All Stars) ou de formations de luxe (type<br /> Philip Morris Orchestra) mais là je trouve que c'est de la bonne exécution sans le véritable esprit du bop, quelle que soit la manière de le raviver. La cotation qui en résulte est peut-être un peu<br /> sévère mais je crois que ma critique est justifiée.<br /> <br /> Bien à vous,<br /> <br /> Stéphane Carini.<br /> PS: je vous ai répondu, à part, sous la chronique "Jazz sur la Croisette", concernant Wayne Shorter.<br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Votre commentaire négatif ne sert pas la cause du Jazz! Rassembler de tels talents dans un big band n'est pas une chose aisée et nous nous devons de soutenir de telles initiatives. Pour avoir vu à<br /> de maintes reprises sur scène le Dizzy Gillespie All Star Big Band, je peux vous assurer qu'il présente un spectacle d'une rare qualité et gagne des spectateurs de tous les âges pour une musique<br /> qui manque cruellement de publicité et de sponsors. A l'heure actuelle ceci devrait tous nous réjouir.<br /> <br />    <br /> <br /> <br />
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