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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 22:37

Plus Loin 2010

Cesario Alvim (p), Eddie Gomez (cb)

alvim

Sous ses airs de colosse mi-breton- mi-brésilien, du genre à déplacer les montagnes d’une seule main, Cesario Alvim est un tendre. Je veux dire, un vrai tendre. Un type qui lorsqu’il prend sa contrebasse se met à lui jouer la sérénade comme si c’était la plus belle des filles et qui lorsqu’il se met au piano, l’effleure avec des mots doux d’une infinie délicatesse.

Le pianiste-contrebassiste n’en est pas à sa première rencontre avec Eddie Gomez. Ce dernier, contrebassiste de Bill Evans avait en effet cajolé la grand-mère dans le trio original que Cesario Alvim avait constitué avec un autre Breton, le trompettiste Eric Le Lann en 1988.

Cette rencontre ressemble donc plutôt à des retrouvailles avec pour thème central le fantôme en filigrane de Bill Evans et la place de la contrebasse dans le jeu modal de ce dernier. Le Dictionnaire du jazz dit à propos de Cesarius Alvim que ce dernier est « l’un des premiers pianistes à avoir favorisé l’émancipation de la basse comme une surenchère mélodique à force d’exploration harmonique ». Un peu excessif mais quand même pas trop loin du propos à l’écoute précisément de cet album-là.

Le jeu d’Eddie Gomez s’y reconnaît à 10.000 lieues à la ronde à tel point qu’on a le sentiment que le propos est renversé et que Cesarius Alvim va se mettre à jouer comme Bill Evans. Mais ce dernier évite les piège d’un discours archétypal  et sur ses compositions partage l’espace mélodique et harmonique avec celui dont a pu dire qu’il était dans le trio de Bill Evans l’héritier direct de Scott La Faro. Le temps, le tempo s’écoulent alors doucement et avec une immense légèreté. Chacun alterne l’accompagnement de l’autre, avance à tout de rôle tout en se tenant la main.

On a pu entendre récemment un duo fabuleux piano/contrebasse entre Jarrett et Haden. Il s’agissait d’émotion palpable d’une formidable densité. Ici c’est une tout autre couleur où domine la retenue et où chacun ne s’insère pas dans les espaces que lui laisse l’autre mais vient en compléter la tonalité, la couleur.

Cesarius Alvim peintre à ses heures, ( il signe d’ailleurs la belle pochette évoquant la falaises bretonnes) joue dans le pastel une musique d’une immense zénitude. Eddie Gomez en apporte une profondeur rare et une fort belle résonance.

Jean-Marc Gelin

Trouvé sur le net un sublime solo de contrebasse de Cesarius Alvim sur My Foolish Heart de Eric Le lann. Chapeau à ce dénicheur….

 

Fhttp://www.onf-contrebasse.com/forum/topic2162.html

 

http://www.deezer.com/listen-3657735

 

 

 

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Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
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