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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 23:29

ferlet.jpgArticle paru le 15 septembre 2010.

Edouard Ferlet (p,), Airelle Besson (tp), lexandra Grimal (saxes), Fabrice Moreau (dr, voc)

Melisse 2010.

 

Comme d'autres (c'est un débat de fond qu'il faudrait avoir), ce disque interroge, mieux « agace » (tel un liquide glacé une dent cariée) le jazz plus peut-être qu'il ne l'alimente. C'est en effet une lame de fond du marketing ambiant que de mettre en avant les paysagistes, les coloristes, les virtuoses du plus-que-lent, de soi-disant nouvelles formes du lyrisme et de l'expressivité. Qu'Edouard Ferlet, en des pièces assez sombres, qui tirent leur prenante étrangeté d'entrelacs de lignes et d'un art de la tension remarquablement maîtrisés, développe un univers original, que cet univers soit soit tout aussi remarquablement servi par une formation libérée de la pulsation régulière de la contrebasse, Airelle Besson et Alexandra Grimal s'épanouissant en des dynamiques où la pureté des sonorités n'exclut pas - mieux-même libère - la prégnance de l'émission (grincements, susurrations, altérations), nul ne penserait à en disconvenir. Le questionnement porte ici sur l'expressivité swingante de l'ensemble (qui n'est très probablement pas la préoccupation première), si l'on veut bien considérer que, de Ellington à Mingus, de Booker Little à Kenny Wheeler, de Shorter à....Shorter, le jazz - stricto sensu - n'a pas manqué de créateurs d'univers. Le paradoxe est alors - et c'est ce qui fait la fascination de cet album - qu'il doit une bonne part de sa réussite au drummer Fabrice Moreau, l'un des tout meilleurs de l'hexagone et qui, selon une voie qu'il a délibérément choisie, s'affirme ici (la prise de son étant au surplus irréprochable) comme un percussionniste-coloriste époustouflant. Toutefois, et en demeurant respectueux des options esthétiques retenues ici, quand on connaît la force et la souplesse du groove que Fabrice Moreau est capable d'impulser, on ne peut s'empêcher de penser qu'Edouard Ferlet se prive (pour le moment) de bien des trésors....

 

Stéphane Carini.

 


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