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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 20:26

 

Motema 2014

 

Elio Villafranca – piano; Vincent Herring – alto saxophone; Lewis Nash – drums; Anthony Carrillo – conga, barril; Terell Stafford – trumpet; Greg Tardy – tenor saxophone; Nelson Gonzalez – barril; Willie Jones III – drums; Sean Jones – trumpet; Carlos Henriques – bass; Gregg August – bass; Jonathan Troncoso – bongos; Camilo Molina-Gatan – barril; Juango Gutierrez – barril

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Elio Villafranca est certainement un pianiste inconnu de ce côté-ci de l'Atlantique. Mais il ne fait pas l'ombre d'un doute que la notoriété de ce pianiste cubain installé à New-York ne tardera pas à franchir les frontières. Il faut dire qu'il commence à s'y tailler là-bas une solide réputation.

Par le hasard du calendrier et du flair aiguisé de Jana Herzen ( la patronne du label Motema), Elio Villafranca sort ce premier album enregistré en live au Dizzy Club de New-York au moment même où il se voit récompensé comme "Rising star" à la cérémonie des Millenium Swing Awards en juin de cette année.

N'allez pas voir dans ce jeune pianiste, un prodige capable de dévaler le clavier de manière aussi percussive qu'impressionnante. Villafranca se situerait plutôt dans la lignée des pianistes meneurs d'hommes dont le talent réside surtout dans son écriture et dans sa façon de faire émerger de merveilleux solistes. Côté écriture, Villafranca s'inscrit dans une double tradition : celles des rythmes latins à l'instar des  Bebo Valdes et des Gonzalo Rubbalcaba, auxquels il mêle des idiomes venus d'un be-bop pur jus dont il s'inspire largement.

Côté solistes, Villafranca est bien servi puisqu'il aligne ici la fine fleur du jazz New-Yorkais qui éblouissent chacun à leur tour chacune de leurs interventions. Côté sax, un Greg Tardy aligné aux côtés d'un Vincent Herring toujours dans une forme éblouissante , cela fait forcément des merveilles et des étincelles. Côté cuivres, la trompette de Sean Jones et surtout celle de Terrell Stafford déchirent le ciel azuré de Manhattan que l'on voit du haut du Dizzy's Club. Mais c'est aussi un album résolument percussif que Villafranca a voulu avec la crème des percussionnistes caribéens. Quand au pianiste lui même, qui ne se met pas particulièrement en valeur, chacun de ses interventions est une lecture admirablement intelligente et moderne d'un jazz syncrétique qui entend bien dépasser la simple tradition. C'est pour l'avoir entendu que Chick Corea dit de lui " La musique d'Elio est passionnée. Un complet renouvellement du genre".

Ce qui est un peu excessif mais pas totalement faux.

On a envie de découvrir ce groupe sur un scène française où assurément ils mettrons le feu du swing. Mais cet album donne aussi envie de découvrir un pianiste un peu moins altruiste, un peu plus mis en valeur qu'au cours de ce concert fort heureusement enregistré mais au cours duquel il met surtout en évidence ses musiciens.

Un album que nous découvrons avec enthousiasme. De quoi vous faire là, une rentrée des classes juste un peu moins morose.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

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Published by Jean-Marc Gelin
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