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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 20:56
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Nous avons rencontré au mois de janvier la chanteuse et comédienne Elise Caron pour parler de sa brillante année 2009 (l’album « A Thin Sea of Flesh », le film « Un Soir au Club » et sa collaboration au « Midnight Torsion » d’Eric Watson) et aussi pour qu’elle nous dévoile ses projets en cours pour 2010.

Propos recueillis par Lionel Eskenazi le 13 janvier 2010.

DNJ : Tout d’abord j’aimerai que l’on parle de l’album « A Thin Sea of Flesh » publié au Chant du Monde au mois d’avril 2009. Tu l’as co-signé avec le musicien Lucas Gillet. Qui est-il ?

 

E.C : Je l’ai connu par son père Bruno Gillet qui est compositeur de musique contemporaine et que j’ai rencontré en 1981. J’ai souvent collaboré avec Bruno qui a écrit plusieurs choses pour moi. Je me rendais fréquemment à leur domicile et lorsque j’ai rencontré Lucas pour la première fois, il devait avoir 12 ans. Puis Lucas, vers l’âge de 17-18 ans, a commencé à composer à son tour (paroles et musiques) et m’a souvent convoqué pour de fréquents enregistrements à domicile où généralement j’avais à peine le temps de déchiffrer la partition !

DNJ : J’ai remarqué que la plupart de tes projets tournent autour de textes littéraires. Comment t’est venue l’idée de chanter sur des poèmes de Dylan Thomas ? J’imagine que c’est un écrivain que tu apprécies ?

E.C : C’est une idée de Lucas Gillet, c’est lui qui a initié ce projet, il a choisi les textes et écrit la musique. Je ne connaissais pas spécialement la poésie de Dylan Thomas avant cela, mais j’ai bien aimé la profondeur de ces textes, j’ai d’ailleurs essayé de les traduire moi-même et je me suis aperçu que souvent les mots choisis avaient plusieurs sens et pouvaient donner plusieurs significations à la phrase. C’est vrai que je suis souvent associée à des projets littéraires (Sade, Pavese, Poe, Rilke et bien d’autres…), j’aime chanter des textes puissants car ce sont à chaque fois des mini-histoires, des mini-drames, des choses fortes à interpréter.

DNJ : Comment s’est passé l’enregistrement ?

Lucas Gillet m’a confié un rôle d’interprète, c’était assez précis et difficile, car la musique était déjà enregistrée et il fallait que j’arrive à placer ma voix par-dessus. Nous n’avions pas beaucoup de temps et c’était assez frustrant de ne pas avoir pu travailler avant l’enregistrement. Je n’arrivais pas toujours à obtenir ce que je voulais car je ne pouvais pas aller au-delà de la dynamique existante. J’ai dû faire un nombre incalculable de prises pour arriver au résultat que l’on entend sur le disque.

DNJ : Comment définirais-tu cette musique ? Penses-tu que ce sont des chansons pop ?

E.C : C’est de la pop contemporaine mais ce ne sont pas des chansons. La structure des poèmes a été conservée, ce qui fait que l’écriture est basée sur la mélodie, nous ne sommes pas dans un système couplet-refrain, nous sommes dans l’extension permanente de la mélodie. Le côté pop est intéressant, car la musique est presque antinomique avec l’image sonore que l’on pourrait avoir des poèmes de Dylan Thomas. C’est beaucoup plus léger que ce que ça raconte.

DNJ : C’est vrai que les adaptations musicales des textes de Dylan Thomas sont souvent plus graves, plus sombres, je pense en particulier à « Words for the Dying » de John Cale. Connais-tu cet album ?

E.C : Non.


 DNJ : Avec « A Thin Sea of Flesh », nous sommes dans une musique pop très produite, une musique fabriquée en studio, ce qui nous éloigne complètement du jazz et de l’interaction musicale immédiate.

E.C : Oui, c’est un travail de studio particulier qui n’a pas grand-chose à voir avec les enregistrements de jazz où l’on fabrique la musique ensemble. Il y a tout de même un morceau que nous avons joué complètement live (« The force that through the green fuse »), c’est un duo entre ma voix et la flûte de David Aubaile, où il se passe du coup quelque chose de différent, il y a des fluctuations vocales qui sont peut-être plus naturelles. Lorsque nous jouons ce projet en concert, il est forcément beaucoup moins « fabriqué » et c’est passionnant de pouvoir le chanter en live, où je peux donner plus d’épaisseur à ma voix et où je suis entouré de six musiciens. Nous serons d’ailleurs le 13 avril prochain au Studio de l’Ermitage à Paris.

DNJ : Avez-vous avez eu du mal à convaincre une maison de disques pour ce projet plutôt atypique ?



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Published by Lionel Eskenazi - dans Interviews
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