Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 08:58

Bonsaï Music 2013

Emmanuel Bex, Nico Morelli, Mike Ladd

 morelli.jpg

 

C'est un album rare. Et précieux.

B 2 Bill ce n'est pas 4 mains mais bien 4 claviers qui ne font qu'un seul dans une osmose totale. Bex et Morelli signent en effet tous les 2 (en compagnie de Mike Ladd sur plusieurs titres) l’un des plus modernes et des plus émouvants hommages qui puissent être rendu au pianiste de Painfileds.

L’organiste et le pianiste sont ici en totale fusion, se complétant plus que dialoguant, s’appuyant l’un sur l’autre, créant ensemble un son original à la fois électrique et acoustique. Dans cet hommage brillant et moderne a Bill Evans il fallait parvenir à revisiter ainsi l'œuvre du pianiste en s’affranchissant des codes du jazz modal. Pari risqué d’une écriture et surtout d'arrangements audacieux naviguant sans cesse entre les sonorités de l’orgue et celles du piano. Pari fou , insensé et pourtant totalement renversant.

Comment par ce simple duo de ces deux claviers parvenir à relire Bill Evans en transmettant autant d’émotion ! Cette émotion qui effleure puis qui submerge dans B minor Waltzcomme une longue marche empreinte d'une infinie tristesse. Une tristesse mineure. Tout est réinventé. Tout est relu avec un supplément d'âme. Jusqu'à ce Waltz for debbyadmirable de swing derrière la voix de Mike Ladd et un leitmotiv " Everybody digs me" en référence au légendaire « Everybody digs » du pianiste enregistré en 1958 aux débuts de sa carrière.  Incroyablement fort ! Mais il y a du groove aussi comme dans ce Bill in puglia qui tourne sur autour d'harmonies étranges avec un swing irrésistible et fascinant. Presque hypnotique. On est plus dans l’approche personnelle de Nico Morelli qui s’approprie Bill Evans sur les terres de la pizica. Groove aussi sur Five sur le mode tournerie, avec l'incise de la voix de Mike Ladd, des voicing d'Emmanuel Bex ou même de la voix de Bill Evans en illustration sonore.

Oeuvre iconoclaste, déroutante et jamais monolithique. Il y a par exemple dans ce Bill in Space quelque chose de totalement lunaire. Une sorte de flottement dans un monde onirique, fantasmagorique où la voix ténébreuse de Mike Ladd et les voicing du clavier de Bex pénètrent dans un rêve évoquant le fantôme de Bill Evans. Il faut entendre  ce Bill' Heart à pleurer d’émotion parce que l'on a pas entendu souvent de si bel hommage, de si beaux moments de pure grâce. Ou encore Children's play song très émouvant aussi.

Quelle lecture intelligente.

 

 

 

Et si le plus bel hommage que peuvent rendre des artistes, c’est de s’apprprier l’eouvre avec leur propre âme, sans imiter sans signer, en la revistant  leur façon tout en faisant passer l’amour qu’ils ont pour pour leur sujet, si l’hommage est de parvenir à nous donner l’envie d’y revenir sans cesse, alors effectivement il n’en est pas de plus beaux que celui que Bex et Morelli lui ont aujourd’hui rendu.

Jean-Marc Gelin

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
commenter cet article

commentaires