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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 19:06

 

Naim label 2012

Nathaniel Facey (as), Lewis Wright (vb), Tom Farmer (cb), Shaney Forbes (dm)

 empirical-.jpg

Pas vraiment surpris puisque l’on ne savait pas trop à quoi s’en tenir avec le nouvel album de ce nouveau groupe britannique qui nous est totalement inconnu.

Et pourtant ces jeunes anglais en sont à leur 3ème rèalisation, parcourent le monde en raflant quelques prix au passage et font se lever les foules lors de leur récente apparition au Festival de Newport (Rhode Island, Usa). C'est dire qu'outre-atlantique, Empirical est bien dans les radars des meilleurs observateurs.

 

Il ne nous reste donc plus, alléchés par une présentation presse un poil racoleuse (c'est normal, c'est le job !), qu'à partir à la découverte de cette nouvelle formation. C'est vrai finalement comme ils disent....., soyons "empiriques".

A l’entame de l’album on comprend très vite que les racines, ou en tous cas les inspirations compositionnelles sont plutôt à rechercher de ce côté ci de l’Atlantique que vers le jazz qui se pratique aux Etats-Unis. Ce qui est plutôt étrange s'agissant d'un groupe qui revendique clairement une filiation avec Andrew Hill, Wayne Shorter, Vijay Iyer ou encore Brandford Marsalis ( dixit le communiqué de presse). J’y ajouterai pour ma part volontiers Steve Coleman dans cette façon qu’ils ont de manier les structures complexes et les rythmiques impaires. Mais surtout ces 4 jeunes font preuve d'un sacré éclectisme naviguant entre plusieurs eaux parfois très post-bop ( Spitting them out), parfois très modern jazz new-yorkais  ( Simple things), parfois très européen (Out of sight).

 empirical2.jpg

Impressionnant de maîtrise, le groupe joue "terrible" sans toutefois bousculer le genre mais avec une réelle concentration sur leur sujet. La musique tourne beaucoup (trop) autour de ce jeune saxophoniste exceptionnel qui, pour le coup nos impressionne littéralement et dont on peut annoncer qu’il s’agira d’un talent à suivre ( écouter Nathaniel Facey sur Cosmos dédié à l’astronome américain Carl Sagan : un son ciselé et une impressionnante maîtrise du flow).  Jeune altiste remarquable, au lyrisme très acéré qui trouve avec les rondeurs du vibraphone un exact pendant. Sa complicité avec Lewis Wright , vibraphoniste tout en délicatesse, est ultra efficace. Les 4 font ainsi tourner la musique avec sens du jouage qui démontre une vraie cohérence de groupe. Jamais dans la facilité, toujours imprévisibles quant aux choix esthétiques, ce quartet porte la musique à haut niveau même si l'écrin offert à l'altiste privilégie la texture au détriment parfois du groove dont Fancey semble avoir seul la charge.

Nous aurons l'occasion de vous parler bientôt du nouvel album de Get the Blessng autre groupe du pays d'Albion qui témoigne lui aussi de la vitalité du jazz anglais. Avec Empirical nous avons c'est sûr un groupe à suivre de près car il confirme ce que l’on savait de la vigueur du jazz britannique qui commence aujourd’hui à produire des jeunes pousses de bien grand talent. Attention déferlante assurée.

Jean-Marc Gelin

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