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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 18:12

 

Francesco Bearzatti (ts, ss), Giovanni Falzone (tp), Danilo Gallo (cb), Zeno De Rossi (dms)

Cam Jazz 2013

 covermonk_n_roll.jpg

C'est surement une affaire de sales gosses hyper doués, trop respectueux de l'oeuvre de Monk pour accepter de le voir fossilisé dans une posture immuable. Ces bandilleros qui vont jusqu’à reprendre la couverture de Monk (de l'album "Underground") se livrent sans le moindre scrupule (manquerait plus que ça !) à un vrai détournement en plein vol de tout un répertoire monkien avec ses tubes et ses morceaux moins connus  sur l’aire d’autres tubes planétaires, pop et rock cette fois! Avec les memes allures révolutionnaires qu'un Thelonious dansant autour de son piano bastringue. Oui, Monk est aussi Rock et Blue et Monk peut être génialement massacrè à grand coup de riffs de guitare.Ca ne frise pas le mauvais gout, ça s'y vautre avec la gaieté des cochons dans la mare. Si Monk est armè sur la pochette d' "Undergound", Bearzatti manie lui, la dynamite avec un bel entrain. Monk is rck'n'roll et s'invite même au baloche du samedi soir.

Où l'on retrouve un Giovani falzone en génial trublion, pétulant, incisif. Oui Monsieur qui gardez le temple trois fois saint, le jazz peut bien rigoler un peu avec les morts qui, c'est sûr ne demandent pas mieux, pour peu que la musique et le talent soient au rendez vous. Et les exploits du saxophoniste et du trompettiste sur un Bye-ya forcent l'admiration de ceux qui disent "ça joue grave !".

Un Criss cross réarrangé avec un motif de basse á la Velvet Undergound le bien nommé ou un I mean you sur l'air de Billie Jean de Michael Jackson, un 'round midnight façon Walkin on the moon de Police. Pourquoi pas ? Ou encore, pourquoi ? Le problème c'est que si le procédé marche une fois, voire deux, à la longue il ressemble un peu à un manque d'inspiration et ne convainc pas toujours. On préfère en revanche ces 4 variations intéressantes sur Misterioso.

L'occasion est belle, outre l’énergie hallucinante déployée par ces 4 garçons dans le vent,  d'apprécier aussi les talents inoüis de Bearzatti à la clarinette ou encore au tenor sur Green Chimneys ( avec un arrangement (d)étonnant)

Mais, c'est la limite de l'exercice, si on marche dans ce coup de provoc, si l'on est emballés par l'audace, si on admire les numeros d'équilibristes au faux nez aussi géniaux que talentueux, on est en revanche un peu médusés par la portée musicale de l'ensemble qui quand même ne franchit pas vraiment la deuxieme écoute et va vite se ranger dans la categorie des curiosités que l'on ressortira dés que l'occasion s'en présentera.

Et faire pour faire du rock'roll avec Monk il faut véritablement des talents d'arrangeurs exceptionnels. Au risque d'en faire un objet totalement hybride.

Jean-Marc Gelin

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