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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 23:27

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www.amsallem.com

Franck Amsallem (piano, vocals), Sylvain Romano (bass), Karl Jannuska (drums)

 

 

Frank Amsallem persiste et signe...avec ce second volume de chansons, très cohérent et de bonne longueur (36’50), qu’il interprète cette fois en trio, cinq ans déjà après le premier Franck Amsallem sings. Et il a raison de continuer à creuser ce sillon dans lequel il réussit, d’abord parce qu’il aime cette musique que d’aucuns pourront trouver surannée aujourd’hui, et qu’il la joue avec le cœur, sans emphase, avec tout le swing nécessaire et une extraordinaire maîtrise de l’accompagnement. Il a eu certes des prédécesseurs admirables comme Nat King Cole, Fats Waller, Ray Charles qui ont su créer un style inimitable mais même avec un filet de voix, le grand Hoagy Carmichael, auteur de chansons admirables sait nous séduire dans To have and have not par exemple chantant « Am I blue ? » avec Lauren Bacall ou un amusant « Hong Kong Blues »... Rien de mieux qu’un pianiste qui chante ou un chanteur qui sait jouer du piano, l’osmose est parfaite, les solos viennent à point nommé ; c’est toute la différence  que cette vision d’un pianiste qui sait chanter.

Voix de velours sans aller jusqu’à rivaliser avec Mel Torme ou Frank Sinatra, il charme avec ce phrasé nonchalant, décontracté, pro comme seuls les Américains savent faire sur leurs mélodies, réservoir inépuisable. Le répertoire est choisi avec soin, avec ces classiques, ces incontournables du Great American Book dont il avoue ne pas pouvoir se passer (comme on le comprend) et puis quelques perles plus méconnues de Henri Mancini (le final  est «Two for The Road ») ou Jimmy van Heusen  « The Second Time Around ». Franck Amsallem ne compose pas vraiment sauf un autobiographique « Paris remains in my heart ». Mais il est parfois courageux, car plus difficile de reprendre les chansons dont les versions antérieures sont gravées dans la cire ... Comme  ce « Body and Soul » par exemple avec lequel j’ai souvent du mal à oublier quelque version princeps.

La voix est chaude et souple, le phrasé et l’énonciation parfaitement adaptés au sujet, avec  de l’humour dans le parti pris volontairement dynamique de « Never Will I Marry ». Un peu décontenancé au départ par le rythme volontairement langoureux, on admire ensuite ce « Dindi » qui chaloupe merveilleusement, accompagné par le batteur Karl Jannuska qui peut décidément tout faire avec cet épatant éclectisme nord américain. Rebondissant et vif dans ses attaques, toujours franches comme dans « Just One Of Those Things », il maintient le temps avec Sylvain Romano à la contrebasse (écoutez les dans «How deep is the ocean») en accord avec le piano et ses envolées dynamiques.

On sait que les « male jazz singers » ont toujours plus de mal à se faire entendre mais vous pouvez suivre mon conseil, les yeux fermés : écoutez ce trio par n’importe quel temps et pourquoi pas un dimanche matin un peu « gloomy » pour reprendre quelques couleurs.

Sophie Chambon

 


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Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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