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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 10:29

 

 

CANDID 2010

Pete Judge ( tp, fchn), Jake McMurchie (sax), Jim Barr (g,b), Clive Deamer (dm)

get-the-blessing.jpg

 

Lorsque deux membres du groupe Portishead s'accoquinent au jazz, cela peut donner, on s’en doute quelques surprenants résultats. Ce premier album de Get The Blessing produit par le bassiste du groupe de pop anglais, porte ainsi la marque d'une musique qui marche constamment sur ses deux jambes, le jazz et l’improvisation ternaire d’un côté et la pop anglaise avec sa rythmique lourde et noisy de l’autre.

Car ce groupe britannique venu de Bristol (comme Portishead) entend bien donner un coup de pied dans la fourmilière et faire exploser les lignes. Si jazz il devait y avoir, c’était au départ plutôt du côté d’Ornette Coleman dont le groupe s’inspirait lorsque dans les années 2000, il jouait dans les clubs de Bristol. Mais c’est aujourd’hui totalement vers un autre univers qu’ils se tournent, un autre son qu’on chercherait plutôt entre leurs racines trip-hop, acid jazz (Bugs in amber) et les résonances africaines des Ethiopiques (The word for moonlight is moonlight). Mais ce qui marque l’originalité de ce groupe c’est avant tout et surtout l’apport très fort de Jim Barr et de Clive Deamer respectivement bassiste et surtout batteur du mythique groupe pop qui viennent là insuffler une toute autre histoire.

Après une entame d'album pas terrible qui joue un peu à l'esbroufe sur sirène de police dans le genre " poussez vous on arrive ", on a l'impression que le choc annoncé fait un peu, pshiittt. Il faut attendre le 3ème morceau (Unnameable) pour que le couple basse/batterie reprenne les choses en mains et installe un groove un peu sale que l'on retrouve sur plusieurs titres comme notamment sur The Speed of Dark, moment clé de l'album s'ouvrant sur un rythme tribal et que l’on suit tel un explorateur à la dérive. Il y a aussi quelques tensions extrêmes dans cet album, des passages de punk un peu noisy. Parfois le pari est pris d'assumer le côté plus jazz Ornetto-Colemanien comme dans So it goes. Avec cette alliance des cuivres très jazz et de la rythmique très pop on balance alors toujours entre ternaire et binaire comme dans ce Bugs in amber entre funk et rock lourd. Ce qui amène parfois à une écriture un peu artificielle faite de ruptures sèches.

Dans tous les cas ça s'investit à fond, ça mouille la chemise, ça déchire le sax (Yes I said yes I will Yes). De l’énergie, c’est sûr ces garçons là en ont autant à revendre que des groupes comme Bad Plus ou plus près de nous, No Jazz.

Remarqué par la presse britannique comme the Independant ou encore encensé par la BBC ( Album of the year award), Get the Blessing surfe toujours sur la même veine un peu cogneuse avec la ferme intention de réinventer le genre.

La conclusion de l'album avec ses bruits de  fonds et ses craquements renforce l'impression d'un album un peu garage, fabriqué avec les moyens du bord. Ce work in progress, dont on espère qu’il ne tombera pas dans les pièges d’un marketing un peu forcé ( voir le site du groupe et les clips qui vont avec….) devrait rapidement nous montrer qu’au fond des caves anglaises la musique se réinvente toujours.

A découvrir en concert. Avis aux programmateurs

  ma pomme

 

 

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