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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 11:37

gregory_porter_water.jpgMotema music/ Integral classic
Un nouveau chanteur se présente sur le label Motema music, il se nomme Gregory Porter. Et la liste des jazz singers mâles est assez réduite pour que l’on prête l’oreille.  Il a un bel organe, disait-on avant, une voix grave et chaude, profonde, posée et juste. Evidemment, on l’attend au tournant des standards, on va directement à la plage « Skylark » et à celle de « But not for me ».  Sans faute. Il s’en sort bien, il a la technique, la puissance sur tempo lent ou plus rapide. Il a passé le test, et pourtant quelque chose résiste. On essaie encore  « Blue Nile » de Wayne Shorter, où il rugit de belle manière. Et après ce sont ses propres musiques et textes que l’on entend, eh oui, c’est rare ça, un auteur-compositeur-interprète.
D’où vient cet oiseau rare dont on ne peut savoir exactement l’âge d’après la photo de pochette en contrejour, où il marche sur une plage ? Il est New-Yorkais à présent après une enfance en Californie, et  il a travaillé à Broadway, ce qui s’entend. Voilà, il ne swingue pas , il vient plutôt du chant classique, avec des influences fortes : sa voix puise sa force du blues, mais on entend aussi toute la musique noire, la soul, le gospel  comme le dernier a capella, « Feeling good » magnifique. Ce qui est vraiment jazz, c’est la musique du trio qui swingue, devenant l’écrin de cette voix puissante où domine un pianiste vibrant Chip Crawford, très bien accompagné par Aaron James à la contrebasse, Emanuel Harold et  Chuck Mcpherson à la batterie. Sans oublier quelques belles interventions musclées des trompettistes Melvin Vines, Curtis Taylor, Kafele Bandele, des altistes Yoske Sato et James Spaulding (splendide sur Black Nile et Wisdom) et du tromboniste Robert Stringer qui impulsent des rythmes cuivrés.
Le disque commence avec un thème « Illusion », une romance chagrine (piano-voix ). L’album, que l’on peut ranger dans la catégorie «  love and protest » évoque des complaintes d’amour déçus, perdus, puis de façon plus universelle, remonte aux sources : « Water » est quand même le titre de l’album .
Mais la révélation  vient plus tard …à qui sait attendre avec ce drôle de titre  « 1960 What ?», énergique, vibrant. C’est de la soul, du R&B. En fait, il y a une couleur d’ensemble même si les chansons n’ont pas toutes été composées à la même époque. Porter ne rappele pas le velours de la voix de King Cole, mais il sait imposer son rythme quand il chante.
On est plus qu’agréablement surpris par ce premier album, fluide et prometteur et dans un contexte où les voix mâles ne font pas recette, on ne peut qu’attendre la suite !

Sophie Chambon

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