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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 09:11

SONY MUSIC 2010

All stars et name dropping sous l’égide de Larry Klein, THE producteur ( Melodie gardot…)

 

herbie.jpg

 

C'est typiquement le cas où " tout ce que vous dites pourra être retenu contre vous". S'agissant d'un album ultra-hyper-marketé la moindre critique pourrait en effet être interprétée comme un excès d'intellectualisme ou comme un anti-populisme que certain accusent d’être à l’origine de l’éloignement du jazz du grand public. Car il s'agit bien de cela en l'occurrence. D'un album plutôt joli, très très bien fait , super bien arrangé et dont l'easy listening est tellement bien cultivé qu'il s'adresse à coup sûr un public fort large. Sur des ballades tirées du répertoire de la pop music, Herbie Hancock propose à ses chanteurs de beaux arrangements, aussi zen que cool sur des thèmes de Lennon, de Dylan et d'autres, révélant ce que nous savions déjà , que ces mélodies très populaires sont de vraies petites merveilles, à la dimension de standards universels. Après tout, de Broadway à Cental Park il n'y a qu'un pas et cet universalisme de la culture musicale ( il faudrait revenir, avec le livre de Frederic Martel (*) sur cette « culture qui plaît à tout le monde » pseudo notion d'universalisme) rend la musique accessible over world wide au point que les frontières musicales s'abolissent comme par magie . Le magicien étant ici incarné par ce gourou de Herbie Hancock qui s'y connaît en mélange des genres et en métissages musicaux entre jazz, pop, musique africaine, gospel, musique indienne, reggae et on en passe dans unes sorte de melting pot parce que on est tous frères Jah love et Ari Krishna. Et le moins que l'on puisse dire c'est d'admettre que l'on prend un sacré plaisir à entendre ces chansons bien connues tirées, toutes du répertoire de la pop occidentale. Elles sont, on l’a dit superbement bien réarrangées sous la patte de ce diable  de Herbie Hancok qui convie pour l'occasion un véritable all-stars. Les versions par exemple de Don't give up ( de Peter Gabriel) ou de Time are changing  (de Dylan) sont superbes, sans compter une version absolument merveilleuse de A change is gonna come ( de Sam Cooke). Les chanteurs se succèdent avec leurs voix si typiquement ancrées dans leur propre culture. Les tourneries donnent (un tout petit peu) d’épaisseur au groove (Tamatant Tilay couplé à Exodus). Mais on est vite exaspéré par ce côté racoleur et politiquement correct qui viserait à effacer toutes les différences pourvu qu'il s'agisse de nous unir pour l'amour de la musique, amen, jah love et ari krishna encore. On se croirait parfois dans une kermesse caritative à New York. OU plus encore dans une pub pour le nouvel Ipad. Preuve de la « dominance » de la culture américaine et de son illusion du métissage qui n’est autre ici qu’un collage plutôt racoleur. Jean-Marc Gelin

 

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commentaires

B
<br /> <br /> Dès "Imagine", j'ai su que ça ne passerait pas. Racoleur, trop produit, l'album devient vite un supplice où le talent est réduit à de l'artisanat. Je retourne écouter Jasmine du coup :)<br /> <br /> <br /> <br />
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