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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 11:31



C’est à moins de trois heures de TGV de Paris mais les Français se comptent quasiment sur les doigts de la main. Plus grand festival de jazz indoor –le titre en plein air est détenu par Montréal- le North Sea Jazz Festival, sis à Rotterdam après un quart de siècle à la Haye, reste une affaire néerlandaise. Sur les 75.000 spectateurs présents (1) du 12 au 14 juillet-la première édition sold out en huit ans mais il est vrai que c’est une année sans compétition internationale de foot-ball - un petit 10 % de non nationaux !

 

festivalentree.jpg

Entrée de l'In-door - Photo Jean-Louis Lemarchand

Les absents avaient tort. Le plateau était somptueux, même si Sonny Rollins avait déclaré forfait, affaibli par des ennuis respiratoires. En l’espace de trois jours, de 17 h à 1h30, cent cinquante concerts proposés sur onze scènes réparties sur trois étages d’un parc des expositions à proximité du port de Rotterdam. Le royaume du superlatif assurément. Comment éviter l’overdose, c’est bien la question-clé pour ces amateurs qui ont déboursé 86,90 euros/jour et 199 euros pour les trois jours, forfait grimpant à 319 euros en incluant les concerts de stars (Diana Krall, Chick Corea, Dee Dee Bridgewater…). A titre d’exemple le 12 juillet entre 21 h et 23 h, on se voyait proposer Diana Krall, Monty Alexander, Santana, Steve Coleman, Anat Cohen, Lianne La Havas, European Sunrise (formation de jeunes talents de l’Union Européenne avec pour la France Airelle Besson et Guillaume Perret)…

 

P1020430--2-.jpgRotterdam à l'heure du festival - Photo Jean-Louis Lemarchand

 

Une fois le choix personnel (et naturellement déchirant) effectué, les choses se passent plutôt bien. Excellentes conditions acoustiques même dans les grandes salles, public respectueux (trop peut-être pour un latin, l’exubérance n’est guère de mise ici), fluidité remarquable pour se rendre d’une salle à une autre. En un mot, grand professionnalisme de l’organisation forte de 3000 personnes.

 

peterking.jpgPeter King - Photo Jean-Louis Lemarchand

 

Sur le plan artistique, nos impressions les 12 et 13 juillet, pour les raisons invoquées ci-dessus, sont évidemment parcellaires. Au niveau des « chocs », on retiendra en tout premier lieu la soirée complète de John Zorn-cinq concerts en cinq heures- revue de sa carrière, avec en vedette Joey Baron(batterie) et Marc Ribot(guitare), spectacle mis sur pied pour ses 60 ans et qui sera présenté à La Villette début septembre. Yaron Herman s’est mis en valeur au sein de son quartet (avec un brillant Emile Parisien aux saxophones) et en trio pour une brève prestation-hommage à Esbjörn Svennsson (disparu voici 5 ans) avec ses deux ex-comparses Dan Berglund (basse) et Magnus Öström (batterie). Mention bien aux deux chanteuses-pianistes Diana Krall (style rétro et pop) et Eliane Elias (bossa-nova et hommage à Chet Baker).

 

corea2.jpgChick Corea & The Vigil - Photo Jean-Louis Lemarchand

Minimum syndical pour Chick Corea, dilettante, mais on aura remarqué Marcus Gilmore (batterie), petit-fils de Roy Haynes. Bonne rétrospective be-bop enfin avec un all-stars, les Cookers (Eddie Henderson, Cecil McBee, Billy Harper, Donald Harrison, David Weiss, Billy Hart, George Cables) et un groupe anglo-néerlandais où se distinguait le vétéran alto Peter King (73 ans) qui fit les beaux soirs du Petit Opportun.


Jean-Louis Lemarchand


(1)    La billetterie couvre environ 80 % du budget du North Sea Jazz Festival qui bénéficie par ailleurs du soutien d’une vingtaine de partenaires dont au premier rang le Port de Rotterdam, Grolsch (les bières) ou encore BNP Paribas,banque présente aux Pays-Bas depuis 130 ans. L’an prochain, le festival prendra le nom de Port de Rotterdam North Sea Jazz Festival.   

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commentaires

B

Excellent survol, cher JL, bonne analyse, mais je n'ai pas trouvé ton sentiment sur les prestations de Santana et de Shuggie Otis ???
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