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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 11:39

 

Jacques Schwarz-Bart (ts), Batiste Trotignon (p), Thomas Bramerie (cb), Hans van Oosterhout (dm)

Azetec Musique 2012

 Jacques_Schwarz-Bart_Quartet.jpg

 

C’est dans quelques jours qu’il donnera, dans le cadre du Festival de St germain des Près à Paris, un concert à l’Institut Océanographique avec son quartet. C’est surtout l’occasion pour nous de revenir sur le dernier album de celui que l’on considère comme l’un des plus grands saxophonistes ténor de sa génération. Je sais c’est un peu (trop) superlatif mais ceux qui écouterons « The Art of Dreaming » ne s’y tromperons pas et connaîtrons le même choc avec Jacques Schwarz-Bart que celui qu’ils ont pu connaître avant avec Joshua Redman.

Tournant le dos ( provisoirement on l’espère) à la musique Gwo-Ka pour livrer un album plus classiquement ancré dans une tradition américaine, le saxophoniste s’affirme ici et avant tout par un SON d’une incroyable densité. Où l’épaisseur du trait se mêle à la légèreté d’un discours fluide et rythmiquement impressionnant. On y entend tous les registres du ténor tant dans l’expression coltranienne ( It’s Pain, Voir ), que celle qui viendrait de Joe Henderson, de Michael Brecker ou de Wayne Shorter ( Lullaby from Atlantis inspiré de l’album presque éponyme). JSB impressionne tout au long de l’album avec un phrasé palpable, massif, transcendé par ce qu’il dit avec cette forme de nécessité vitale de dire et de dire juste. Impressionnant dans cette façon de se promener du grave au suraigu avec toujours la même précision et surtout la même force de l’intention. Il y a plus que de la musique. Celle-ci est, on l’a dit transcendante, revient sur des rythmiques ensoleillées, flirte avec un jazz plus funky, libre quelques mélodies émouvantes ( Now).

Quelque chose passe entre les membres du quartet. Fusion des 4. Inspiration partagée. La musique habite le studio et transporte un flux existentiel de l’un à l’autre. Batiste Trotignon saisit les espaces pour jouer en contraste avec une rare intelligence, maître du tempo et garant de l’harmonie. Lorsque l’un est dans le grave l’autre joue en haut et lorsque l’un avance tout en démarche déliée l’autre joue stacato, et tout cela dans une fusion irrésistible.

J’écoute l’album en boucle depuis plusieurs jours. Il m’embarque.

J’écoute un Thomas Bramerie littéralement époustouflant comme je ne l’avais encore jamais entendu auparavant. Lui aussi porté par l’enjeu dans une sorte de gravité. Et que dire du drive de Hans van Oosterhout, le batteur Néérlandais vibrant et porteur d’une pulse au groove terrible.

J’écoute et réécoute. J’enrage de ne pas être musicien moi-même. J’enrage de ne pas avoir été dans le studio. Je sais que l’on tient a là quelque chose de rare.

Jean-Marc Gelin  

 

 

 

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