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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 21:50

 

Island 2014

 jamie-cullum-interlude-album-cover.jpg

 

L’Amérique et l’Angleterre peuvent dormir tranquille. Certes le terrorisme, certes la crise mondiale, certes Ebola frappent à nos portes mais les valeurs de ces grandes nations sont bien intactes et les crooners qui savent donner du bonheur simple aux gens sont bel bien présents. Les enfants naturels de Franck Sinatra, de Nat King Cole et de Mel Tormé chantent encore l’amour sur des mélodies sucrées et des grooves à faire se dodeliner comme avant les ménagères dans leur cuisine.

Alors oui, Jamie Cullum, l’ex-jeune garçon de Rochford fait partie, à 35 ans de cette belle génération qui porte en elle cette part de vieux rêve américain jamais vraiment usé. Elevé maintenant au rang de super star planétaire, Jamie Cullum gagne tous les jours de nouveaux galons dans cette course à la crooneuse attitude qu’il maîtrise avec un talent fou. Avec cette voix exceptionnelle et ce feeling incroyable qui fait qu’il peut à peu près tout chanter avec la même classe. D’une ballade hyper romantique (My one and lonely love), à des trucs pas net comme traînés du côté de la Cité du croissant, New-Orleans (Lovesick blues), ou encore des trucs blues qui groovent grave ( Sack O’ Woe), Cullum peut tout faire et toujours avec talent.

 

Dans cet album un peu fourre-tout on trouve des arrangements hyper classiques et un peu old style. Tout y passe de la formule simple à l’accompagnement d’un big band ou à celui de cordes violonantes et même deux duos, art pour lequel le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas vraiment sa cup of tea. Malgré le fait qu’il tourne en boucle sur toutes les radios son duo avec Gregory Porter sur Don’t let me be miss Understood est un peu fadasse tant l’ampleur de Gregory Porter semble jeter loin derrière Jamie-le-faux-bad-boy. Car il a beau essayer de se donner des allures de mauvais garçon Jamie, à chanter ses petites chansons d’amour on y croit vraiment pas. Jamie Cullum fait un peu penser parfois à ces fils de bourges qui sortent de leur appart de Neuilly et se mettent une casquette à l’envers et une ceinture à clous pour faire genre. Ça colle pas.

Mais on ne lui en veut pas à Jamie tant le gamin ( qui n’en est plus vraiment un d’ailleurs) nous en avait mis plein la vue avec « Momentum ». Tant on sait qu’il enflamme les scènes partout où il passe avec un charisme de folie.

Jamie Cullum c'est simple , il dégage ! Avec cet art de rendre le swng évident et les gros mots classieux !

Simplement là, avec cet album conçu parfois comme pour un gala de bienfaisance pour riches milliardaires, il semble avoir pris un petit coup de vieux le Jamie.

On est bien sûr scotchés par cette version simple de Losing You ou par cette ouverture sublime sur Make Someone happy. Bien sûr le feeling est toujours omni présent et ce que fait Cullum, il le fait hyper bien. Mais il faut attendre la toute fin de l’album pour qu’il se passe quelque chose d’un peu inattendu. Et l’on découvre alors avec un vrai frisson cette merveilleuse version de la chanson de Sfjan Stevens ( The Seer’s tower*) avec laquelle, enfin Jamie Cullum fait courir un vrai vent de modernité.

Jean-marc Gelin

( *dont on trouve le superbe original ici https://www.youtube.com/watch?v=RyoMt1-vvbw)

 

 

 

 

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Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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