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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 08:29

 

Richard Turegano (p), Yoni Zelnik : Contrebasse, Frédéric Chapperon : batterie, Jan Schumacher : Trompette, Bugle, composition, Emilie Lesbros : chant expérimental, Guéorgui Kornazov : Trombone, Issa Mourad : Oud

 

schumacher.jpg

Jan Schumacher est un jeune trompettiste allemand que nous avions, aux DNJ découvert à l’occasion  de  son précédent album, « Windstille ». Il nous avait alors littéralement bluffé  par  la  brillance  de son jeu. Le musicien avait ensuite  un  peu  disparu  des radars,  en  marge des formations de la scène parisienne où l’on ne le retrouve que rarement en sideman.

Plusieurs  années après cet album, le trompettiste nous revient aujourd’hui avec  «Trapèze  »  pour  une nouvelle proposition totalement décoiffante. Celui  qui se catalogue lui-même dans la catégorie «  jazz oriental » donne ici  un grand pied dans la fourmilière des clichés pour bousculer pas mal de frontières et  pas  mal  de formats collés  souvent  à  cette musique. Car le jazz d’orient dont il parle brass(e) large allant des pays slaves au pays arabes avec un ancrage dans une rythmique qui groove. Imaginez un peu l’incroyable Boban  Markovic,  star  des fanfares serbes soufflant aux côtés d’un joueur d’oud  avec  un esprit de swing et de danse et vous aurez un idée du climat de  cet  album. Pari impossible mais trait d’union pourtant réalisé par Jan Schumacher avec techniquement, le même brio que son aîné serbe.

Et  le  lien  entre  ces  différents univers c’est avant tout cette énergie que déploie ce groupe dans lequel le trompettiste-compositeur, éclate,  rutile  et étincelle brillamment. Quel mordant dans l’embouchure ! Quelle  urgence  à dire ! Il faut écouter ces aigus qu’il sort sur un thème comme  Fenouil où l’on entend justement la marque des frères Markovic. Il faut l’entendre se jouer des quarts de tons, enchaîner les trilles avec une formidable  puissance de son. Avec une telle étendue de registre. Et quelle maîtrise dans les graves sur Zweifel par exemple ! L’on pense à quelques héros  de  l’instrument comme Freddie Hubbard notamment ou, plus près  de  nous  Avishai  Cohen  (pas  le  contrebassiste, le trompettiste israélien).

« Multicolore feeling bandas » pourrait on dire !

Il  y  a  du  cirque et de la fanfare réunies dans l’idée de cet album mais avec  un  profond  ancrage au jazz. Gueorgi Kornazov, empreint de cette  culture de l’Est de  l’Europe et du jazz européen qu’il cultivait jusqu’à il y a peu avec Henri Texier  y apporte toute la folie de son jeu au trombone avec la même  rutilance,  repoussant sans  cesse  les  limites de son instrument ( Fenouil,  ou  encore  Unwege). Totalement déjanté dans le jeu avec un growl impressionnant.  Le  cocktail  de ces deux cuivres y est alors littéralement explosif.

Emilie  Lesbros  pose sa voix de vestale sur quelques thèmes un peu décalés qui  viennent  adoucir  les  angles  pointus  et  acérés.  Mais  comme  Jan Schumacher semble avoir demandé à chacun des musiciens de jouer en parfaite liberté,  la chanteuse est elle aussi invitée à pousser ses limites vocales dans un exercice assez iconoclaste ( Etoile polaire ,Trapèze).

Quant à la rythmique, sous les coups de boutoirs de Zelnik ( gros gros son) et  de Frederic  Chapperon,  elle insuffle la pulse permanente, binaire le plus souvent, de manière assez irrésistible.

Que les programmateurs n’hésitent pas une seconde : ce groupe là nous offre une musique  incandescente. Le public ne demandera qu’à s’y brûler avec délectation.

Jean-marc Gelin

 

 

 

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Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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