Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 18:00

Soirée du 29 juillet 2010

 

  Copie de affiche version 10 juin 2010 JAC

Cervione, village qui fût le plus grand de Corse il y a 100 ans, se situe en Haute Corse. L'histoire de la commune est liée à celle des cerfs de la région de la Costa Verde. D’où son nom. Ce village a été la capitale de la Corse pendant six mois en 1736 lorsque le roi de Corse a élu domicile dans le village pendant une des périodes d’indépendance de l’Ile de Beauté. De par sa situation surélevée, Cervione surplombe la mer et c’est ainsi que les corses le surnomment  « le balcon de la mer ».

Depuis six ans, le village se met aux couleurs du jazz à l’initiative de Viviane et Tristan Loriaut, respectivement organiste classique et facteur d’orgues, dans le couvent Saint François à Cervione.

 

Cette année, l’ouverture du festival a lieu sur la place de la cathédrale Saint Erasme, habituellement destiné au festival Off. C’est la chanteuse corse Fabienne Marcangeli accompagné par la section rythmique des frères Philippe et Christophe Le Van et du guitariste David Dupeyre suivis du groupe togolais Dunamis (« puissance » en grec) qui déclenchent les convivialités devant 300 personnes ce mercredi 27 juillet.

Le lendemain, c’est le saxophoniste alto Gaël Horellou et son trio (Antoine Paganotti à la batterie et Géraud Portal à la contrebasse), en marge du festival, qui prennent la relève sur la place. Comme souvent, le trio est en totale communion et se donne sauvagement, aux confins de la transe bop et du swing. Tout sourire, le public de la rue se laisse envahir par la déferlante.

 

FLYING ANTS ATTACK !

En soirée, c’est au couvent Saint François que le jazz poursuit sa soirée avec deux trios de pianiste. Le premier est celui du jeune pianiste breton Xavier Thollard âgé de 27 ans(Youen Cadiou à la contrebasse et Vincent Touchard à la batterie) accompagné par le  tromboniste Sébastien Llado en invité. Le répertoire de la soirée est tiré de « Hoi An », deuxième album du trio qui joue ensemble depuis 2006, et une composition du tromboniste (« Hauts, Bas : Fragile »).

 

Cevione 1-1-1Xavier Thollard et Sébastien Llado ©Lolita de Villers

 

La formation joue en première partie de soirée et en une petite heure, qui paraitra bien courte, le trio + 1 déploie une musique avec une orientation pop et jazz, influencé par le trio qui a fait exploser Brad Meldhau. Ce genre de rencontre est toujours à risque : le trio affiche une belle convergence musicale et adopte des postures musicales travaillées et hautement maitrisées alors que le tromboniste s’immisce en électron perturbateur de la tournerie du trio. Ce soir-là, la mayonnaise prend. Il y a une confrontation entre la compacité du trio et la poésie rêveuse du tromboniste virtuose : la fraicheur de l’expérience prévaut et les âmes empathiques se trouvent.

Voilà qui devrait encourager ces quatre musiciens à poursuivre l’aventure.

 

Cevione-1-1-2.jpgYouen Cadiou ©Lolita de Villers

 

En deuxième partie, c’est au tour du trio « Flower Power » de Baptiste Trotignon (Diego Imbert à la contrebasse, Aldo Romano à la batterie) de jouer alors que des fourmis volantes attaquent à nouveau la scène ! Le trio reprend des tubes des années 70, agrémentée par quelques compositions de Trotignon et de quelques standards.

Autant le dire sans ambages, ce ne fut pas un grand moment de musique et pas le meilleur concert de ce trio.

On distingue nettement deux parties dans ce concert de qualité hétérogène sans qu’aucune des deux ne soit convaincante.

Les mélodies choisies pour le répertoire sont très belles. Bien évidemment. Mais à peine arrangées, un peu comme si le trio les interpérétait avec désinvolture, et jouées sans enthousiasme visible.

 

Cevione-1-2-1.jpgBaptiste Trotignon ©Lolita de Villers

 

 

On se souvient de « Mr Tambourine Man » de Bob Dylan avec un développement qui nous laisse sur notre faim ; « Melody Nelson » et « Je t’aime moi non plus » ont subi des transformations mélodiques (volontaires ?) qui nous ont  glacé le sang et c’est bien dommage. Tout le long de ce concert, nous avons senti Baptiste Trotignon un peu contrarié dans son jeu alors qu’Aldo Romano semble fatigué : son jeu mollasson, voire dégonflé, ne permet pas au trio de jaillir et, à plusieurs reprises, il écrase le tempo. Pour ne pas donner l’impression d’achever un cheval malade, nous devons reconnaitre à Diego Imbert une présence attentive et une inspiration réelle quand on lui en donnait l’occasion.

 

Cevione-1-2-2.jpgDiego Imbert et Aldo Romano ©Lolita de Villers

 

 

Après une version faiblarde de « Say It Ain’t So » de Murray head, le trio se relève en fin de concert avec « The End » des Doors avec un passage paroxystique aux frontières de l’improvisation libre pour ne pas dire free. Suit alors un medley dynamique au développement construit des compositions de Trotignon qui réveille enfin Aldo. Et pour cause, le trio termine par une belle composition  du batteur « Dreams and Waters ». Probablement conscient de sa petite prestation, le trio offre au public de Cervione deux rappels salvateurs où le trio joue vraiment : « Il Camino » de Romano et le standard des années 40 « Just In Time ».

 

Les plus courageux ont assisté à la jam-session dirigé par le trio Elbasan et accompagné par le saxophoniste togolais Koffi Assimadi et de Sébastien Llado pour une session endiablé et très créative. Ouf !


Jérôme Gransac

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Jérome Gransac - dans Compte-rendus de concerts
commenter cet article

commentaires

  • : les dernières nouvelles du jazz
  • les dernières nouvelles du jazz
  • : actualité du jazz, chroniques des sorties du mois, interviews, portraits, livres, dvds, cds... L'essentiel du jazz actuel est sur les DNJ.
  • Contact

Les Dernières Nouvelles du Jazz

Chercher Dans Les Dnj

Recevoir les dnj