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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 17:00

 

  Copie de affiche version 10 juin 2010 JAC

 

Une originalité du festival Jazz au Couvent est de proposer au public estival un festival off de qualité équivalente à l’officiel.

En cette après midi du 30 juillet, nous retrouvons Xavier Thollard trio et Sébastien Llado sur la place de la cathédrale. Après la prestation solennelle de la scène du couvent, le trio + 1 se retrouve pour une prestation dans un lieu qui se prête à la fête.  Xavier Thollard a troqué le piano pour un Fender Rhodes détraqué et Sébastien Llado pose sa voix diphonique dans les accompagnements en plus de son trombone. Le concert débute par des standards (« I hear a Rhapsody ») pour s’échauffer et rapidement nous assistons à la version acidulée et funk des compositions du trio de Xavier Thollard. Le trio parvient à délier les liens qu’il a longuement tissés au cours de ces quatre dernières années et le tromboniste trouve une place plus prégnante dans cette nouvelle musique : le tromboniste interagit avec l’extérieur (un chien qui aboie ... de contentement ?), se nourrit du jeu obsédant du trio par des atmosphères décalées. Le trio lui répond par des envolées lyriques et électriques et Vincent Touchard, à la batterie, s’amuse à lui glisser des idées et le relancer. Un excellent concert, naturel et straight.

 

Christian.jpgChristian Toucas ©Lolita de Villers

 

CHINA et ELBASAN : CLASSE ET ENTHOUSIASME

Au couvent, le public est au rendez-vous: plus une place de libre. C’est le trio ELBASAN qui ouvre le bal. Composé de Thierry Vaillot à la guitare, Héloïse Lefebvre  au violon et Christian Toucas à l’accordéon, Elbasan est une invitation au voyage de l’Europe de l’Est au sud de la Méditerranée. Elbasan, c’est la passion des musiques tsiganes et manouches, l’amour des chants slaves, la chaleur andalouse, la vibration du Maghreb. Dynamique et rêveuse, mélancolique et envoutante, la musique du trio allie des compositions originales (composées par le guitariste) et une très grande classe artistique. Elbasan se caractérise par l'absence de basse, un son haut perché et l'utilisation abondante de métriques impaires. Les vocalises de Christian Toucas (des talas indiens) nous montrent le chemin rythmique à suivre pour se laisser emporter. La guitare survoltée de Thierry Vaillot et la quiétude de la violoniste Héloïse Lefebvre se confondent avec standing. Les deux forment un duo de belle stature. « Violon dingue » ou « Madrilène biguine » prouvent une fois encore que la musique est universelle. La chaleur sincère du trio Elbasan nous traverse et nous invite à l’empathie et la plus grande tolérance en cette période où la différence entre les peuples est nourrie par nos gouvernants et par quelques maladroits. Rassérénant et envoutant.

 

Heloise.jpg

Héloïse Lefebvre ©Lolita de Villers

 

C’est au tour de la chanteuse China Moses, fille de Dee Dee Bridgewater, et du quartet de Raphaël Lemonnier. China bénéficie d’une forte personnalité et une belle présence sur scène. Avec simplicité, elle le sait et en joue pour notre plus grand bonheur. China a du métier, son premier album date de 1996 : la scène, elle connait. Ce soir, elle incarne la chanteuse-cabotine obsédée par Dinah Washington (c’est China qui le dit !), la petite fille qui voudrait tant ressembler. Cela lui va si bien d’ailleurs. C’est donc à travers un hommage à Dinah Washington que China Moses explose sur scène. Tout le long de son concert, China ponctue sa prestation par des anecdotes croustillantes sur la vie de Dinah Washington, délurée et provocatrice. 

 

china1.jpg

Fabien Marcoz, China Moses, Raphaël Lemonnier ©Lolita de Villers

 

Glamour et distinguée, China est une chanteuse soul  et bluesy qui chante du jazz. Sur scène, sa voix éclate littéralement et Raphaël Lemonnier, qui a écrit les arrangements de son gala, a tout fait pour la mettre en valeur. Chacun y trouve aussi son compte: Daniel Huck au saxophone alto fait une entrée fracassante qui ravit le public, Robert Menière fait un beau solo de batterie en milieu de spectacle et Fabien Marcoz, probablement le meilleur contrebassiste bebop en France, prend son temps pour envouter le public de sa walkin’bass bluesy sur les paroles de la bavarde chanteuse. Oui, c’est un gala mais tendre et drôle!Tout le spectacle est mis en scène. Certes « Cry me a river » et « Call me irresponsible » nous paraissent un peu courtset légers mais l’engouement de la chanteuse, l’enthousiasme coquin des musiciens ne nous trompent pas : ils font plaisir au public et c’est bien là le résultat d’une soirée réussie. Pour terminer, Jazz au Couvent n'avait jamais réuni autant de monde pour une soirée de son festival!

 

 

China2

Daniel Huck, Robert Menière, Fabien Marcoz, China Moses, Raphaël Lemonnier ©Lolita de Villers

 

Quelques minutes plus tard, le bœuf commence, animé par le trio de Gaël Horellou le froudroyant saxophoniste alto, dont nous parlerons demain plus longuement. Après trois pièces bien enlevées, le trio est rejoint par Xavier Thollard, puis Sébastien Llado. Assez rapidement, les musiciens tournent sur scène, le guitariste Thierry Vaillot se met au Rhodes, alors que Daniel Huck donne la réplique à Horellou sur des standards.

P1000173Dunamis © Patricia Antona

 

Après une bonne heure de jazz, c’est le groupe togolais Dunamis qui occupe la scène pour une musique fusion/soul/afro beat complètement envoutante. Pour profiter de la vague togolaise, quelques musiciens, comme Géraud Portal  qui prend la basse électrique, se joignent à Dunamis pour terminer le bœuf à 3 heures du matin. Ce matin, le levée était tardif et difficile pour beaucoup (dont moi) mais le cœur plein de bonheur.

 

 

Jérôme Gransac

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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