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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 19:30

Oboman-Ithursarry.pngAdlib production 52è Rue Est

www.moduledistribution.com

www.jeanlucfillon.com

Avec l’ alliance du hautbois et du « piano à vent », Jean Luc « Oboman » Fillon continue à jouer -et son parcours nous le prouve- avec l’originalité de cet instrument, hors contexte classique, privilégiant les particularismes musicaux, toujours à la recherche d’un son, d’un phrasé personnels. Musicien audacieux, il ose se frayer un chemin au cœur de tous les possibles, attiré par l’aventure. Et chaque album en est une nouvelle preuve, multipliant les rencontres, les essais, les recherches. Pour l’élégance du jeu, l’équilibre des voix, la couleur et la subtilité de l’anche double. Oboréades réunit cette fois Jean Luc Fillon à l’accordéoniste  Didier Ithursarry . Oboréades, dans la mythologie est lefils de Borée (vent du Nord) avec Erythie qui souffle du sud, et il peut à loisir se transformer de simple brise fraîche en tornade.

Dans cet album, la combinaison de deux timbres originaux et particulièrement inusités en jazz ne nous surprendra pas, mais il ne s’agit pas de world music, avec effets exotiques. Cultiver l’originalité en soi n’a rien de remarquable, beaucoup de musiciens du classique et du contemporain ont tenté de sortir de leur territoires drastiquement délimités  mais quand cette recherche se réalise dans un contexte adapté et insolite, après une véritable réflexion musicale, on atteint l’exception et le résultat tout à fait époustouflant confirme une intelligence musicale hors norme. Ça groove grave entre eux deux qui savent intégrer de multiples influences en un entrelacs harmonique subtil.

Dès le premier morceau « Les lavandières », nous en avons la preuve : l’album démarre sur un formidable unisson accordéon /hautbois, une petite prouesse technique. Dans « Sconclusione » au cor anglais, plus sombre et moelleux, Jean Luc Fillon se jette avec le soutien de l’accordéoniste en contrepoint, qui commente et pimente leur dialogue. Le « Chat pacha » tout en allitération, au tempo rapide, tourbillonne avant que « Frecciarossa » ne réveille subtilement quelques effluves de chansons napolitaines. Sur « Double Scotch », toujours enlevé, composition de Hermeto Pascoale, le hautbois se pête à une montée « en broderie » raffinée, brillante tout simplement. Et quant au traitement du tube « Bebe » de l’incroyable Hermeto Pascoal au « look d’albinos barbu et chevelu », le hautboïste arrive à jouer, toujours aussi rapide et leste sur des rythmes différenciés. Ainsi cette promenade qu’il nous offre est-elle pleine d’imprévus. On ne sait jamais où ces deux là nous entraînent mais on se laisse embarquer bien volontiers, confiants. Quand le talent est là…

Sophie Chambon  

 

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Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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