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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 07:43

Jazz Icons 2009

Jimmy Smith (org, voc), Eddie McFadden (g), Charles Crosby (dr). « Jazz Icons ».  Naxos 2009.

On ne se souvient peut-être pas assez quelle star du jazz fut Jimmy Smith à partir du milieu des années ’50, n’hésitant d’ailleurs jamais lui-même à faire la promotion de son immense talent : musicien-phare de l’écurie Blue Note, en son volet le plus funky, transfuge-vedette chez Verve au tout début de la décennie suivante avec, à la clé, des hits en même temps que de purs chefs d’œuvre de swing gravés avec Kenny Burrell, Wes Montgomery ou Oliver Nelson, courroie de liaison du jazz vers le son  Motown avant de s’installer confortablement en Californie, auteur enfin d’un come-back remarqué au cours des années ’80. Ce DVD nous le présente dans une formule et sur un répertoire plus qu’éprouvés (« The Sermon », « Got My Mojo Worker » – qui permet d’entendre, ou de se remémorer, sa voix rocailleuse, « See See Rider », etc.), lors d’un concert à la salle Pleyel en 1969. Une partie de la ferveur rageuse des années ’50 s’est estompée et les choruses du guitariste Eddie McFadden, partenaire régulier de l’organiste, sont inégaux mais c’est néanmoins une prestation de belle tenue qui se déroule et qui, même si la qualité sonore pêche sur les ballades (le grand Rudy Van Gelder avait lui-même eu beaucoup de difficultés avant de réussir à capter les nuances d’intensité du son de Jimmy Smith), permet de se concentrer sur son discours harmonique (la poignante introduction de « Days of Wine and Roses ») ou sur des filiations insuffisamment approfondies (notamment, compte tenu de ce que le premier instrument de Jimmy Smith fut le piano, le phrasé petersonien de certains traits). Abordons l’aspect technique du DVD, quitte à encourir les foudres des pros de l’équipe ! Quatre cameramen opèrent ici mais doivent affronter un réel défi, celui de filmer en deux dimensions (pas de profondeur de champ vers le public ou entre les membres du trio, alignés sur un même plan). Ils s’en tirent assez bien quand ils surplombent les mains de l’organiste, dévoilant une technique qui lui était propre (sa main gauche notamment), ou bien, à la faveur de la dynamique musicale, lorsqu’ils divisent astucieusement le plan en deux (cymbale, clavier) ou, mieux encore, en associant par des surimpressions convaincantes les doigts de l’organiste et son visage inspiré et concentré. En revanche quand ils sont contraints de filmer le guitariste sur son épaule ou de dos faute (d’espace et) de travellings suffisamment amples…on souffre avec eux. A l’impossible….

Stéphane Carini.

 

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