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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 07:50

John abercrombie quartet : «  Wait till you see her » ***

ECM 2009

Johh Abercrombie (g), Mark Feldman (vl), Thomas Morgan (cb), Joey Baron (dm)

 

Dans sa filiation naturelle, John Scofield revendique souvent les influences de John Abercrombie dans son jeu alors que ce dernier, de son côté n’a jamais cessé de revendiquer sa gratitude à Jim Hall. Le point commun entre ces trois-là étant une même approche de l’instrument, tout en résonance bleutée on a là le triumvirat de rêve de la guitare jazz qui porte haut les couleurs harmoniques d’un jeu aux modalités évanescentes.

John Abercrombie figue majeure et prolifique du label ECM signe un nouvel album avec son quartet dans lequel il associe aux côtés de Joey baron et de Thomas Morgan, le violoniste Mark Feldman. Voilà déjà plus de dix ans que le guitariste a testé ce format. Un format que l‘on devrait plutôt qualifier de quatuor plutôt que de quartet dans lequel les trois instruments à cordes (Guitare, violon et basse) se complètent merveilleusement avec un Joey Baron en assembleur-coloriste. Car ce dont il est question ici c’est d’une musique de chambre clairement revendiquée. Une musique classique du jazz dans laquelle il faut l’avouer, on pourrait s’ennuyer parfois au gré d’une certaine langueur monotone où les compositions complexes du guitariste crée des espaces d’improvisations savantes mais manquant parfois de nervure. Et l’on s’ennuierait si l’on perdait de vue que les 7 compositions du guitariste sur les 8 de l’album, révèlent de petits bijoux, signées de la patte d’un très grand compositeur. En témoignent des thèmes comme Anniversary Waltz que l’on rêverait entendre jouer par le quartet de  Wayne Shorter ou encore un Chic of Araby légèrement orientalisé et sur lequel Feldman peut retrouver quelques (légers) accents zorniens. Chaque thème est un magnifique espace d’improvisation dans lequel le guitariste semble flotter avec grâce, improvisant sur un jeu aussi délié que profond. Si l’association des réverbérations du guitariste et des lignes tranchantes du violoniste créent un espace musical fluide et si tous deux possèdent à leur façon cette chaleur du timbre, on regarde néanmoins cet album autant qu’on l’écoute, avec une pointe d’ennui élégant.

Jean-Marc Gelin

 


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