Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 20:34

JOSHUA-REDMAN-James-Farm.jpgJoshua Redman (ts, ss), Aaron Park (p), Matt Penman (cb), Eric Harland (dm)
Nonesuch 2011


Le distributeur ne nous ayant pas fait parvenir cet album, c'est donc à l'aveugle et sans dossier de presse que nous nous lançons dans la chronique de ce bel opus réalisé par un formidable quartet américain inédit. 
L'autre jour à un concert, un voisin me disait  "l'inconvénient avec tout ces jeunes sax américains c'est qu'ils se ressemblent tous. A l'époque du hard bop au moins on faisait la différence entre Mobley, Coltrane ou Dexter". Celui là ne devait certainement pas inclure Joshua Redman dans ses litanies.  Car il est évident dès les premières notes jouées par le saxophoniste de Berkeley que l'on reconnait sa marque de fabrique, la puissance de son jeu, le lyrisme et le groove omniprésent de ce son qui tranche dans le vif clair comme une lame de sabre et ciselé au fleuret. Et chez le saxophoniste cette marque, si séduisante de l'époque de l'Elastic Band. Celle d'un saxophoniste déjà légendaire qui a lui seul illustre le syncrétisme entre le jazz des origines ( quelle façon de jouer le blues ! Formidable lenteur sur Star Crossed), celui qui lui vient de son père ( le regretté Dewey) et ce funk moderne qui traine ses guêtres dans les clubs de big apple et qui l'ancre dans une réjouissante modernité incandescente du jazz (Polliwog é pour faire un tube).
Mais au delà du simple talent de Joshua Redman, il y a dans cet album cette art de rendre à nouveau le jazz populaire, de le moderniser, de l'amener à un public large sans renier d'un pouce sur l'exigence de la qualité du jeu et des compositions. Certes d'aucun pourront critiquer le côté un peu formaté de ces dernières qui semblent entrer dans un moule assez consensuel. Sauf qu'il y a dans ce jazz là autant d'exigence de que fluidité dans l'écoute. De refus de tout easy listening tout en restant accessible. Parce que ces musiciens expriment que le jazz est aussi une façon d'animer, d'insuffler de la  vie, brute avec cette pointe de sauvagerie ici domptée et maîtrisée.
Et l'ensemble devient assez rapidement prenant, entraînés que l'on est par cette façon de délivrer un jazz toujours alerte, parfois "heureux" (1981), parfois sombre ( comme sur Star crossedoù une réelle intensité dramatique s'installe), voire même une légère pointe d'orientalisme( Coax) et toujours ce sens du groove terrible que le quartet insuffle avec des allures de mauvais garçons  comme sur I-10où Joshua Redman qui semble jouer loin du micro donne un son métallique moins policé, plus râpeux à son ténor. Même si ce n'est pas son instrument de prédilection, Redman livre aussi un beau thème au soprano sur Low fivesoù la puissance de son jeu se met au service d'un discours plus mélancolique.
Le quartet sans toutefois que l'on s'autorise pour autant à parler de "grand disque" joue la carte de l'efficacité. Les thèmes y fonctionnent à merveille avec une énergie qui circule et un quartet formidablement fusionnel. L'association magique du moment est celle du duo très demandé Matt Penman et Eric Harland ( de cette association qui nous fait penser a celle de Brian Blade et Jeff Balard) . Et Aaron Park quant à lui impressionne par sa présence et s'impose en leader de la section rythmique avec puissance et une précision diabolique.


Jean-marc Gelin

Partager cet article
Repost0

commentaires

P
<br /> <br /> je l'ai pas revu live depuis l'époque Steve Coleman ! il faut que je rate son prochain passage quand même !<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre