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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 09:21

ECM – 2011

Julia Hülsmann (p), Marc Muellbauer (cb), Heinrich Köbberling (dr)

 

JuliaHuelsmannTrioimprint.jpg

La pianiste d’origine allemande Julia Hülsmann revient une nouvelle fois avec son trio sous les couleurs du label ECM pour un disque empli de sagesse et de poésie. Ce trio effectue une seconde sortie après un premier disque très remarqué en 2008, « The End of a Summer », où déjà respirait cette audacieuse approche harmonique, toute en finesse. Marc Muellbauer à la contrebasse et Heinrich Köbberling à la batterie donnent une nouvelle fois la réplique pour ce nouvel opus intitulé « Imprint ». L’homogénéité sonore, représentative de ce type de formation, nous laisse entrevoir dès les premières secondes de l’écoute un passage vers le monde de l’irréel, de l’onirique. D’élégants effluves mélodiques transparaissent dans chaque morceau, faisant parfois apparaitre une certaine monotonie. Mais notre attention reste sollicitée par l’ingéniosité des thèmes, pour la plupart composés par la pianiste elle-même, par exemple dans Grand Canyon ou (Go And Open) The Door. Il réside aussi une intéraction remarquable entre ces trois musiciens, ce qui dénote une intelligence de jeu considérable. La fluidité de chaque improvisation est d’ailleurs accentuée par cette intéraction. Il est possible aussi d’être déçu de ne pas trouver de surprenantes envolées lyriques au détour de plusieurs mélodies. Le spectre sonore s’en retrouve peut être amoindri, malgré quelques tentatives d’endiabler les débats improvisés (Solo de Ritual). A ce stade de l’écoute, il est devenu évident que l’intérêt d’un projet musical comme celui-ci réside dans l’élaboration de climax divers et variés, parfois maniérés mais sincères. A cela ajouté quelques divisions rythmiques dérangeantes, comme dans Lulu’s Paradise, ce disque se révèle être construit sur une énorme base créatrice, en témoigne la logique de la succession des thèmes sonores abordés. L’esthétique du silence, si chère à Manfred Eicher, ne saurait être absente dans le déroulement de ce projet musical. Et comme s’il fallait relier l’intégrité de ce disque au monde réel, celui du Jazz, l’écoute se clôture avec l’hommage à un célèbre compositeur, Who’s Next, réunissant à la fois calme et swing, agrémenté de la dissonance légendaire propre à la Musique de Thelonious Monk. Mais ne cherchez pas ici une quelconque virtuosité dénudée de sens. Il s’agit bien d’un disque rempli d’émotion intérieure, noblement envahi par une certaine beauté méditative. ECM a toujours le goût et la sagesse de nous faire partager de tels moments.

Tristan Loriaut

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Published by Tristan Loriaut - dans Chroniques CD
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