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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 20:47

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Guitar electric only

Simon HENOCQ : enregistrement, mixage, mastering
Coproduction : Cartons Records & Coax Records | Distribution : Muséa | Graphisme : Heureux les Cailloux |

 
www.facebook.com/ACAPULCOJulienDesprez 


 
http://juliendesprez.blogspot.fr/ 


 
www.cartoncartoncarton.com/acapulco.html 


 
www.collectifcoax.com/acapulco

 

Acapulco ! Avec un tel titre, on pense s’envoler vers un petit paradis à l’exotisme plus ou moins frelaté mais aux rythmes assurément  tropicaux. Un coup d’œil sur la pochette kraft  du label Carton des Coax records vous en dissuade vite. On penche ensuite  pour Haïti avec ses figures crayonnées, colorées à la « Basquiat », qui, au passage, aimait infiniment le jazz et Charlie Parker...

Fausse piste encore quand on lit le nom du guitariste solo qui nous offre ce petit bibelot sonique, cet objet sonore sans cesse en évolution, cet happening  détonant de 18’, en trois titres,  c’est Julien Desprez du collectif Coax, pilier de « Q » que nos oreilles (pourtant rodées) n’avaient pas franchement adoré en live (terribles infrabasses), membre de l’étonnant  Radiation 10,  bien plus « aimable » dans la mutation, ne serait-ce qu’au seul niveau de l’émission sonore. On se retrouve dans les terres foulées par certains collectifs nordistes comme Muzzix, le label Circum, Olivier Benoît, une scène musicale actuelle, complexe et très active que l’on pourrait, s’il faut absolument la définir, apparenter à une recherche protéiforme « industrialo-bruitiste »,  noisy mais pas seulement... Un drôle de magma sonore,  une matière en mouvement qui vous emporte avec un développement  organique, une construction certaine même si elle nous échappe ; pas vraiment de repères  en effet mais en même temps, c’est trop court pour se perdre.

Alors Acapulco ? Un solo électrique plus qu’électrisant, avec des effets recherchés, travaillés, étranges, des trafics d’influence sonores, des fulgurances dans les accélérations, des dérives jamais brutales, des bruits saturés, grésillant doucement, sans véritable fureur ou rage qui font que l’oreille s’habitue vite à ces variations sonores très acceptables sur une chaîne (quid en live ?). Alors, il est un peu inquiétant cet univers dans lequel nous plonge le guitariste, loin des jolies mélodies suraigües où excellaient autrefois les hardeux, métalleux  avec ces envolées juvéniles de guitares électriques.  Times are changin’... Ici, une guitare bien préparée nous fait entrer de plein pied dans un univers personnel vibrant, insolite, post post-moderne, où les décharges électriques d’un arc tendu à l’extrême (bow)  vous accompagnent dans une errance créative, un ailleurs indécis. Des variations actuelles sur le son qui atteignent une dimension poétique, originale et intense. Sans véritable tsunami. Allez, ce n’est pas la fin du monde !  Juste « une sculpture sonore en jaillissement » comme l’écrit fort joliment le batteur  Edouard Perraud : «L’esprit, les mains, l’instrument, l’amplificateur, les traitements, les câbles et le corps ne sont qu’une seule et même chose dans ce solo fulgurant. Ici la musique est inventée/découverte, comme un mécanisme secret qui cache les lois d’un monde encore inconnu, une terra incognita qui surgit d’un coin de ciel en coruscation. »

NB : Fascinant de regarder le « teaser » du musicien en action, sec et précis. Les sons produits vous installent paradoxalement plutôt confortablement dans ce matelas sonore, chaud et douillet au final....

 

 

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Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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