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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 06:08

                  Cristal Records - Abeille - 2009
                  Laurent Larcher (cb), Mario Canonge (p), Tony Rabeson (dr)

Pour son deuxième album, le contrebassiste Laurent Larcher a réunit deux musiciens originaires des îles, comme lui, (Laurent Larcher et Mario Canonge de la Martinique et Tony Rabeson de Madagascar) que l'on connait pour avoir joué avec Ultramarine ou Texier.

Ce cd est le cd de Laurent Larcher, le contrebassiste: il se met en avant, plus qu'un contrebassiste accompagnateur, mais sans excès s'entend. On peut même croire qu'il revendique cette position car il est le compositeur de tous les morceaux du cd et on l'entend souvent: en intro de pièces, aux chorus, au pizzicati, à l'archet, en solide accompagnateur. Ce n'est pas un mal, au contraire, Larcher est un styliste de l'instrument de haut niveau. Avec Canonge et Rabeson, il s'est entouré de compagnons solides et de confiance, avec qui il a probablement lié de très bonnes relations par le passé.

A vrai dire, l'album est de bonne facture et bien joué. Le trio nous épargne les stigmates folkloriques de leur origines caribéennes, chaloupées à l'excès et bien trop souvent ressassées par le passé dans le jazz. Il faut dire que la présence de Canonge, superbe sur « Book et misères » et Rabeson, deux musiciens très appréciés dans le monde jazz, y est pour beaucoup. Les compositions sont de bonne qualité et variées. On passe du lourd coltranien « Rising » (par ce titre, faut il y voir un clin d'œil ou hommage à « Giant Steps »?), à un « Eternal » straight et enlevé, à des ballades agréables - comme « Night Hope » au tempo up et la classieuse « Mirror of my soul », au boogaloo-blues de « Book et Misères » et du très réussi « So Far So Good », au tango de « Teresa » , qui, joué à l'archet, rappelle « La Rua Madureira » du regretté Nino Ferrer, et d'autres pièces mélodieuses, aux entournures classiques parfois enveloppées d'un halo biguine provenant du jeu de Canonge. Malgré cela, une bonne densité instrumentale et une production musicale tout à fait correcte, l'engouement et la qualité des musiciens, il reste un arrière-gout de « trop classique », ponctué d'un manque de contraste et de points culminants dans le jeu du groupe.

 

Jérôme Gransac

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