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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 22:41

Laurent Stoutzer (g), Bruno Angelini (p), Arnault Cuisinier (cb), Luc Isenmann (dm)

 

 Stoutzerorphee.jpg

 

Il y a déjà quelques années, notre chroniqueur-guitariste Tristan Loriaut s'était extasié à propos d'un album de Laurent Stoutzer (Praxis, paru en 2008). C'était à l’époque Benjamin Moussay qui tenait les claviers. C'est ici Bruno Angelini qui a pris sa place. Jadis c'était Yaron Herman ou c’etait aussi Eve Risser. C'est dire combien le guitariste strasbourgeois aime à se confronter aux pianistes de haute volée dans cet exercice cordes contre cordes particulièrement difficile par la complexité harmonique qu'elle engendre. Et d'entrée de jeu, la confrontation ou plutôt la complémentarité des deux musiciens fait merveille dans cette musique admirablement construite, hors des repères classifiant habituels.

De cette rencontre, appuyée par la fidèle et magnifique rythmique de Stoutzer naît une réelle densité musicale. Le pianiste et le guitariste se complètent lorsqu'il s'agit de dessiner des contours musicaux, de faire sonner des harmonies sombres ou de construire le son. On entend bien chez Stoutzer les nappes Metheniennes. Et ce sont celles-là dont s'empare Bruno Angelini pour y inscrire des contrastes en eaux-fortes. Explosant les frontières habituelles du jazz et du rock, la guitariste qui signe ici toutes les compositions navigue entre nappes électriques, les vapeurs harmoniques et les explosion qui surgissent dans une construction delinearisèe des thèmes.

Dans le partage de l'espace entre piano acoustique et guitare électrique Bruno Angelini affirme sa présence tant dans son rôle d'accompagnateur que de soliste où chacune de ses interventions vient apporter un son plus mordant, taillant dans la masse sonore. 

Tous deux, ou plutôt tous les quatre sont des créateurs de sons et partagent l'intelligence de la musique qu’ils créent en studio. Ils peuvent partir d'un climat très acoustique et très apaisé pour parvenir finalement à quelque chose de très puissant dans un parfait agencement des trames. Car Laurent Stoutzer sait travailler le mariage des sonorités comme dans ce thème, Ostraca où l’halluciant chorus de Arnault Cuisinier à l’archet se prolonge dans le même gémissement de la guitare dans une continuité parfaite. Parfois ce mariage des sonorités se fait de manière un peu brutale avec des ruptures qui permettent  le passage de relais entre l’éléctrique de la guitare et l’acoutisque du piano. Mais jamais au détriment de la cohérence artsitique marquée par cette couleur noire « polar ».

Chacun des musiciens semble varier les rôles et changer d'approche stylistique avec une cohérence absolue.

Et la variété du jeu de Stoutzer est impressionnante, inclassable et ne se départit pas de cette couleur crépusculaire et sombre qui imprime a sa musique une ténébreuse densité.

Jean-Marc Gelin

  

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Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
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